Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Kenny Loggins - Danger Zone (BOF CLIP : TOP GUN)

Publié le par ERIC-C

Kenny Loggins - Danger Zone (BOF CLIP : TOP GUN)
Kelly McGillis et Tom Cruise. Paramount Pictures
Tom Cruise. Paramount Pictures
Tom Cruise et Kelly McGillis. Paramount Pictures
.

Voir les commentaires

Eric B. & Rakim - Juice (Know The Ledge) (BOF CLIP : Juice)

Publié le par ERIC-C

Eric B. & Rakim - Juice (Know The Ledge) (BOF CLIP : Juice)

Voir les commentaires

MADONNA - Don't Cry for Me Argentina (CLIP BOF : EVITA)

Publié le par ERIC-C

MADONNA - Don't Cry for Me Argentina (CLIP BOF : EVITA)

Voir les commentaires

Stevie Nicks & Sheryl Crow - If you ever did believe (BOF CLIP : Les ensorceleuses - Practical Magic)

Publié le par ERIC-C

Stevie Nicks & Sheryl Crow - If you ever did believe (BOF CLIP : Les ensorceleuses - Practical Magic)
.

Voir les commentaires

Elise & Clair de lune (BOF CLIP EXTRAIT : ELEPHANT) de Gus Van Sant + (BANDE ANNONCE VOST)

Publié le par ERIC-C

MK2 Diffusion
Elise & Clair de lune (BOF CLIP EXTRAIT : ELEPHANT) de Gus Van Sant
.

Voir les commentaires

THE BLUES BROTHERS & Ray Charles - Shake A Tail Feather (BOF CLIP EXTRAIT : THE BLUES BROTHERS)

Publié le par ERIC-C

THE BLUES BROTHERS & Ray Charles - Shake A Tail Feather (BOF CLIP EXTRAIT : THE BLUES BROTHERS)

Voir les commentaires

CYNDI LAUPER - UNABBREVIATED LOVE (BOF CLIP : OFF AND RUNNING)

Publié le par ERIC-C

CYNDI LAUPER - UNABBREVIATED LOVE (BOF CLIP : OFF AND RUNNING)

Voir les commentaires

The Wallflowers - Heroes (BOF CLIP : GODZILLA)

Publié le par ERIC-C

The Wallflowers - Heroes (BOF CLIP : GODZILLA)
 

Voir les commentaires

Emiliana Torrini - Gollum's Song (BOF CLIP : LE SEIGNEUR DES ANNEAUX 2)

Publié le par ERIC-C

Emiliana Torrini - Gollum's Song (BOF CLIP : LE SEIGNEUR DES ANNEAUX 2)
.

Voir les commentaires

Fiona Apple - Across the Universe (BOF CLIP : PLEASANTVILLE)

Publié le par ERIC-C

Fiona Apple - Across the Universe (BOF CLIP : PLEASANTVILLE)

Voir les commentaires

Elton JOHN - Tiny Dancer Scene (BOF CLIP : PRESQUE CELEBRE - Almost Famous)

Publié le par ERIC-C

Elton JOHN - Tiny Dancer Scene (BOF CLIP : PRESQUE CELEBRE - Almost Famous)
.

Voir les commentaires

EYES WIDE SHUT (BANDE ANNONCE VO 1998) avec Tom Cruise, Nicole Kidman

Publié le par ERIC-C

EYES WIDE SHUT
.
Film dramatique britannique de Stanley Kubrick
.
avec Tom Cruise, Nicole Kidman, Sydney Pollack, Madison Eginton,  Marie Richardson, Todd Field, Vinessa Shaw, Rade Serbedzija, Leelee Sobieski
.
Musique de Jocelyn Pook
.
EYES-WIDE-SHUT.jpg
.
L'HISTOIRE : William Harford, médecin, mène une paisible existence familiale. Jusqu'au jour où sa femme, Alice, lui avoue avoir eut le désir de le tromper quelques mois auparavant...
 
EYES-WIDE-SHUT-PHOTO-2.jpgEYES-WIDE-SHUT-PHOTO-1.jpg
.
(BANDE ANNONCE VO 1998)
.

Voir les commentaires

HAPPY FEET (BANDE ANNONCE FRANCAISE 2005) Avec les voix de : Marion Cotillard, Sophie Marceau, Kad Merad, Anthony Kavanagh

Publié le par ERIC-C

HAPPY FEET

Film d’animation réalisé par Georges Miller et récompensé par un oscar en février dernier, HAPPY FEET met en scène, Mumble, un manchot empereur exclu de sa tribu parce qu’il ne sait pas chanter et qu’il possède un talent singulier mais inconnu de ses congénères, celui de faire des claquettes !

HAPPY FEET est donc d’abord une extraordinaire comédie musicale avec ceci de particulier qu’elle se déroule sur la banquise et que ses principaux acteurs sont des manchots et des pingouins. Cependant, par delà le thème de la danse et du chant, HAPPY FEET évoque des thèmes aussi importants et actuels que la différence, l’exclusion et les problématiques de l’écologie en abordant notamment le comportement de l’homme face à la planète.


HAPPY FEET - LE DVD
Le DVD sort en deux éditions. Une édition simple et une édition collector.
L'édition collector contient deux disques.

Disque 1 : Le film et la bande-annonce
Disque 2 : Les bonus
- Deux scènes inédites : Mumble rencontre une baleine bleue et Un instant Happy Feet
- Leçon particulière de danse avec Savion Glover
- Danse comme un pinguin
- Trois incroyables clips video : Somebody to love par Brittany Murphy
- Hit Me Up par Gia et The song of the heart par Prince
- Leçon d’espagnol avec les pingouins Adélie
- Les coulisses de Happy Feet pour découvrir les secrets du film d’animation
- Un dessin animé : I love to Singa


INFORMATION TECHNIQUES
Language Subtitles: Langues : (Dolby Digital 5.1) : Français, Anglais, Néerlandais, Flamand
Sous-Titres : Français, Anglais, Néerlandais, Arabe
Aspect Ratio : 16*9 / 2.4
Disc Type: Ce DVD comporte deux couches
Colour/Runtime: PAL COULEUR 104MN environ


Affiche française. Warner Bros. France


L'HISTOIRE
Dans la grande nation des manchots empereurs, au plus profond de l’Antarctique, vous n’êtes personne si vous ne savez pas chanter, ce qui est regrettable pour Mumble qui est le pire chanteur au monde. Il est né en dansant avec sa propre mélodie…les claquettes.
Bien que sa maman, Norma Jean, trouve ce don charmant, son père, Memphis, pense que “cela ne fait pas manchot”. Tous deux savent aussi que sans chant d’amour, Mumble ne trouvera jamais l’âme sœur. Comme le hasard fait bien les choses, sa seule amie, Gloria, est la meilleure chanteuse de la région. Mumble et Gloria sont proches depuis le moment où leurs œufs ont éclos, mais Gloria lutte pour accepter cette étrange anomalie.
Mumble est trop différent, en particulier pour Noah l’Ancien, le souverain sévère de la Terre des Empereurs, qui finalement le rejette de la communauté.
Loin de chez lui pour la première fois, Mumble rencontre les Amigos de la Terre Adélie. Mené par Ramon, le groupe est séduit instantanément par les danses de Mumble et l’invite à faire la fête.
En Terre Adélie, Mumble demande conseil au gourou Lovelace, un pingouin fou de rock, qui répond à n’importe quelle question pour le prix d’un caillou.
Avec Lovelace et les Amigos, Mumble traverse d’immenses étendues et, après quelques rencontres épiques, prouve qu’on peut être différent et avoir sa place dans le monde.

Warner Bros.

PERSONNAGES ET CASTING
“Mumble est honnête et ouvert à des choses nouvelles, commente la co-scénariste Judy Morris. Nous savions que celui qui allait lui donner sa voix devrait être capable d’exprimer une sincère innocence et, en même temps, être “branché” et cool. Nous avons trouvé cette parfaite concordance en Elijah Wood”.
Wood était fier de faire passer un message fort d’acceptation de soi aux enfants comme aux adultes : “Il est très important de réaliser que vous ne pourrez pas transiger sur des choses qui sont personnelles, surtout pour les autres”.
Hugh Jackman est le père de Mumble et Nicole Kidman, sa mère, Norma Jean. “Memphis est un pingouin plutôt cool, dit Jackman. Et il est très épris de Norma Jean. Quand ils tombèrent amoureux, il était heureux comme il ne l’avait jamais été de sa vie”. Nicole Kidman enchaîne : “Memphis et Norma Jean souhaitent le bonheur de Mumble. Mais Memphis a du mal avec la danse, aussi Norma Jean essaie-t-elle de l’aider à combler ce fossé”.
Le pingouin qui fait chavirer le cœur de Memphis est l’audacieuse Gloria, interprétée par Brittany Murphy. Le chant d’amour de Gloria est la clé de l’histoire de Mumble. Présenté dans un premier temps comme une version lente du classique disco “Boogie Wonderland”, la chanson est la véritable expression de son personnage. Mais quand Mumble s’y joint avec les claquettes, la chanson trouve son rythme et quelque chose de nouveau se libère.
Mumble trouve finalement la vraie camaraderie avec un groupe de cinq manchots latinos blagueurs. Robin Williams incarne Ramon, le chef frénétique des Amigos. Ce dernier ne pouvait pas se borner à un seul rôle et l’acteur est également la voix de l’excentrique pingouin Lovelace, le gourou.

Warner Bros.

LA MUSIQUE
Au départ, lorsque George Miller a été inspiré pour écrire HAPPY FEET, il ne l’imaginait pas comme un film musical. “Quand il s’est avéré que Mumble ne pouvait pas chanter mais pouvait danser, j’ai soudainement compris que j’étais au milieu d’un film musical. J’aime l’appeler un « film musical accidentel », remarque Miller.
HAPPY FEET présente beaucoup de genres de styles musicaux : rock, funk, opéra, rap, musique religieuse, pop, gospel et latino.
“John Powell a créé quelques arrangements vraiment incroyables, s’enthousiasme Brittany Murphy. Une des chansons de Gloria, est un hommage à Freddie Mercury ; “Somebody To Love” est en accord parfait avec le thème du film. Nous avons choisi le style gospel. C’était très émouvant mais toujours plein d’humour”.
Parmi les autres chansons du film figurent : “Do It Again” des Beach Boys, “My Way” de Frank Sinatra, et une version de “Kiss” de Prince.


LA DANSE
“La meilleure solution pour faire danser les pingouins était le motion capture”, dit George Miller. Travaillant avec le studio d’effets visuels Animal Logic à Sydney, Miller a commençé à utiliser la technique du motion capture pour filmer les acteurs et danseurs réels et transposer leurs performances à leurs homologues manchots. Sur HAPPY FEET, le motion capture a été poussé au maximum de la technologie pour permettre à Miller de diriger de multiples artistes pendant que les personnages des pingouins apparaissaient en temps réel sur l’écran de l’ordinateur.
Outre les claquettes qui donnent à Mumble son propre style, l’équipe voulait aussi que d’autres formes de danse soient représentées dans le film et Miller a recruté la chorégraphe Kelley Abbey. “Quand les gens pensent aux pingouins, ils estiment qu’ils se déplacent les pieds vers l’extérieur, à la manière de Charlie Chaplin, commente la chorégraphe. Mais en réalité, la marche des pingouins est plus parallèle. Ils n’ont pas de hanche, aussi tous leurs mouvements partent du cou”.


Warner Bros.


UNE PHOTO RÉALISTE
“Nous avons décidé de faire un film avec une image aussi réaliste que possible, souligne George Miller. Avec le concours des Néo-zélandais, nous avons envoyé deux équipes en Antarctique. Elles ont capté les textures, la lumière et les paysages que nous avons recréés par ordinateur. Je voulais que cela semble si réel que je serais obligé de me lever pour toucher l’écran”.
HAPPY FEET a nécessité près de quatre années de travail. “Travailler dans le royaume du numérique a été une révélation, observe Miller. Des centaines de gens très doués sont venus de toute la planète pour donner le meilleur d’eux-mêmes. La moyenne d’âge était de vingt-six ans. Une large proportion était des as des mathématiques comme des artistes. Il y avait des culturistes, des spécialistes en arts martiaux, des motards, des musiciens rock et classiques, etc”. L’effort pour créer une photo réaliste s’est appliqué à chaque niveau de la production.

Warner Bros.

LES COMÉDIENS

ELIJAH WOOD (Mumble)
Devenu star avec la trilogie LE SEIGNEUR DES ANNEAUX de Peter Jackson, Elijah Wood a joué plus récemment dans BOBBY d’Emilio Estevez, TOUT EST ILLUMINÉ de Liev Schreiber, ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND de Michael Gondry, HOOLIGANS de Lexi Alexander. Il s’est également illustré dans FLIPPER, LES AVENTURES D’HUCKEBERRY FINN et deux films de Robert Rodriguez THE FACULTY et SIN CITY.

ROBIN WILLIAMS (Ramon)
Robin Williams a remporté un oscar pour sa performance dans WILL HUNTING de Gus Van Sant. Acteur à la filmographie prestigieuse, il a joué dans THE FISHER KING, LE CERCLE DES POÈTES DISPARUS, GOOD MORNING VIETNAM, L’ÉVEIL avec Robert De Niro. On l’a vu aussi dans POPEYE de Robert Altman, LE MONDE SELON GARP, MADAME DOUBTFIRE, HOOK de Steven Spielberg JUMANJI et récemment LA NUIT AU MUSÉE.

BRITTANY MURPHY (Gloria)
En 1995, Brittany Murphy a retenu l’attention pour la comédie CLUELESS. Elle a à son crédit plus de 40 films, des comédies romantiques LES EX DE MON MEC, JUST MARRIED et des films plus dramatiques, 8 MILE, PAS UN MOT, ÉCARTS DE CONDUITE, SPUN, UNE VIE VOLÉE. On la verra dans LOVE AND OTHER DISASTERS, THE DEAD GIRL, THE RAMEN GIRL et dans SIN CITY 2 où elle reprend le rôle de Shellie.

HUGH JACKMAN (Memphis)
L'’acteur d’origine australienne a interprété trois fois le personnage de Wolverine dans la trilogie X-Men. Il a reçu une citation au Golden Globe pour KATE & LEOPOLD. Hugh Jackman a joué également dans LE PRESTIGE de Christopher Nolan, THE FOUNTAIN de Darren Aronofsky, SCOOP de Woody Allen, VAN HELSING, OPÉRATION ESPADON avec John Travolta et ATTRACTION ANIMALE avec Ashley Judd.

NICOLE KIDMAN (Norma Jean)
Révélée en 1989 dans le thriller psychologique CALME BLANC, Nicole Kidman a reçu en 2003 un oscar pour son portrait de Virginia Woolf dans THE HOURS de Stephen Daldry. Elle s’est aussi illustrée dans MOULIN ROUGE, PRÊTE À TOUT, COLD MOUNTAIN, LES AUTRES. Sa filmographie impressionnante inclut L’INTERPRÈTE, MA SORCIÈRE BIEN AIMÉE, DOGVILLE de Lars Von Trier, EYES WIDE SHUT de Stanley Kubrick, PORTRAIT DE FEMME de Jane Campion.

GEORGE MILLER (réalisateur, co-scénariste, producteur)
George Miller a fait ses débuts à la réalisation avec le succès international MAD MAX. Ce film qui a lancé la carrière de Mel Gibson a engendré deux suites MAD MAX 2, LE DÉFI et MAD MAX 3, AU DELÀ DU DÔME DU TONNERRE. Miller a également mis en scène BABE, LE COCHON DEVENU BERGER et sa suite BABE, LE COCHON DANS LA VILLE, LES SORCIÈRES D’EASTWICK avec le trio Cher, Susan Sarandon et Michelle Pfeiffer, LORENZO avec Susan Sarandon


UN DOUBLAGE FRANCAIS PRESTIGIEUX
Sophie Marceau dans le rôle de Norma Jean, Marion Cotillard dans celui de Gloria et l’inénarrable jury de La Nouvelle Star, Marianne James dans celui du professeur de chant Madame Astrakahn, prêtent leur voix à la version française de HAPPY FEET. Elles ont été rejointes dans cette grande aventure sur la banquise par Clovis Cornillac qui interprète Mumble, l’humoriste Anthony Kavanagh dans les rôles de Memphis et Lovelace et Kad Merrad qui joue Ramon. Cinq élèves de la Star Academy 6 (Gaël, Dominique, Cyril, Cynthia et Brice) ont également participé à la VF de ce grand film d’animation et ont doublé deux séquences musicales.

VOIR LA BANDE ANNONCE CI-DESSOUS

Voir les commentaires

MAGNUM PERRIER (PUB)

Publié le par ERIC-C

MAGNUM  PERRIER (PUB)
.


Voir les commentaires

VOISIN CONTRE VOISIN (BANDE ANNONCE VF 2006) avec Matthew BRODERICK (Deck the Halls)

Publié le par ERIC-C

VOISIN CONTRE VOISIN (Deck the Halls)
Comédie américaine de John WHITESELL (BIG MAMMA 2)
avec Danny de VITO, Matthew BRODERICK, Kristin DAVIS
Affiche américaine. 20th Century Fox
L'HISTOIRE : A Cloverdale, Steve Finch est le roi de Noël. Depuis des années, il veille à ce que chaque membre de sa famille honore scrupuleusement toutes les traditions, à tel point que sa femme et ses deux enfants en ont par-dessus la tête. Malgré leurs protestations, le calendrier du mois de décembre est établi avec précision, depuis la prise de la photo de la carte de voeux jusqu'à la coupe du sapin, en passant par la tournée de chants de Noël chez les voisins... Et Steve se prépare à battre des records pour le défilé annuel de la ville, qu'il supervise avec fierté.
Tout se complique avec l'arrivée d'une concurrence inattendue. Le nouveau voisin, Buddy Hall, est décidé à faire plus fort que Steve, quitte à ce que sa maison soit visible de l'espace... Avec ses lumières, Buddy fait de l'ombre à Steve. C'est le début d'une guerre sans pitié qui va conduire les deux hommes aux pires extrémités...
Kristin Davis, Alia Shawkat, Kelly Aldridge, Kristin Chenoweth, Sabrina Aldridge et Dylan Blue. Twentieth Century Fox France
Danny DeVito. Twentieth Century Fox France
Kristin Chenoweth. Twentieth Century Fox France
Matthew Broderick et Danny DeVito. Twentieth Century Fox France
 
(BANDE ANNONCE VF 2006)



Voir les commentaires

BLACK SNAKE MOAN avec Samuel L. JACKSON - Christina RICCI - John COTHRAN Jr - Justin TIMBERLAKE

Publié le

BLACK SNAKE MOAN (2006)

de Craig BREWER

avec Samuel L. JACKSON - Christina RICCI - John COTHRAN Jr - Justin TIMBERLAKE

L'HISTOIRE : 
Le blues a toujours fait partie de Lazarus. Jadis, dans sa bourgade du Tennessee, il en jouait en virtuose chaque week-end pour faire danser les couples. Dix ans ont passé, Lazarus s'est marié, s'est rangé, a abandonné la musique, s'est laissé piéger par la routine, s'est fait plaquer. Un puissant désir de revanche, un vif ressentiment à l'égard de celle qui l'a trahi, des élans de violence incontrôlés, des rêves de plus en plus sombres composent désormais son quotidien.
Un matin, Lazarus découvre aux abords de sa ferme le corps à demi nu d'une fille couverte d'ecchymoses et laissée pour morte au milieu de la route. C'est Rae, que chacun connaît dans cette petite ville, et dont la plupart des hommes du coin ont profité. "Une traînée", dit d'elle sa mère, qui n'eut pas le courage de la protéger d'un père incestueux et assista indifférente à sa précoce descente aux enfers...

Affiche américaine. Paramount Classics

Samuel L. Jackson et Christina Ricci. Paramount Pictures France

Samuel L. Jackson et Christina Ricci. Paramount Pictures France

Justin Timberlake et Christina Ricci. Paramount Pictures France

Christina Ricci. Paramount Pictures France

 

Voir les commentaires

U.V. (BANDE ANNONCE 2006) avec Jacques DUTRONC - Marthe KELLER - Nicolas CAZALE - Laura SMET

Publié le par ERIC-C

U.V.

Thriller français de Gilles PAQUET-BRENNER

avec Jacques DUTRONC - Marthe KELLER - Nicolas CAZALE - Laura SMET

L'HISTOIRE : Une villa sur une île, au plus fort de l'été.
Un jour, Boris surgit. Il vient rendre visite à Philip, son vieil ami de lycée. Seulement Philip n'est pas là. Il n'arrivera que demain, après-demain au pire, on ne sait pas.
Courtois, homme avisé et sûr de lui, Boris s'installe. Très rapidement, il se fond dans le décor et s'avère être le convive parfait, l'élément distrayant. Ravis, charmés et même manipulés à leur insu, tous se laissent happer par son terrible pouvoir de séduction.
Seul André-Pierre a décidé de se méfier. Il n'aime pas ce genre de type balnéaire et bronzé. Et puis, pourquoi Philip n'arrive-t-il pas ? Pour lui tout alimente l'inquiétude, jusqu'à cette canicule qui entête, qui échauffe les corps avant les esprits. Jamais il n'a fait aussi chaud, jamais la mer n'est apparue aussi désirable et haute, juste là, en bas des marches, par où Philip arrivera.

NOTE D'INTENTION DU REALISATEUR

Entre thriller, comédie de moeurs et satire sociale

Quand je parle du projet à des proches, la première question qu’ils me posent est : “c’est quel genre de film ?”. Et je me retrouve toujours un peu embarrassé pour répondre, car je ne voudrais pas réduire le film à un thriller, même si il en a toutes les caractéristiques. Le point commun entre beaucoup de polars, thrillers ou films noirs est qu’ils se servent d’une intrigue agréable au spectateur comme diversion pour raconter autre chose. C’est le cas ici. Le film propose en effet la radiographie, d’abord sur un ton léger, ensuite plus sombre et cynique, d’une famille qui nous semble au premier abord au-dessus de tout soupçon. L’arrivée d’un intrus va fissurer le bel ensemble et révéler les doutes, failles, regrets et obsessions de chacun de ses membres, ainsi que leurs secrets les plus intimes. Un drame va se nouer dans une fausse langueur pour aboutir à une conclusion glaçante : les liens sociaux et du sang, même irrationnels, priment toujours. Les chasseurs ne sont pas forcément ceux que l’on croit, ils se transforment en proies, voire en jouets, pour ceux qui, unis, argentés et conscients de leur pouvoir et leurs privilèges, seront toujours les plus forts.

Un film d’atmosphère, de symboles, entre rêve et réalité

 

La chaleur écrasante, le soleil qui fait mal aux yeux, une piscine dont les lignes de fuite se confondent avec l’horizon, nous sommes en terrain familier. Et l’idée est de renforcer toutes ces impressions par la lumière et la mise en scène. Une pellicule peu contrastée, des filtres pour accentuer encore la douceur d’une image surexposée que le soleil irradie. Renforcer les impressions jusqu’à l’absurde pour amener une étrangeté, une atmosphère irréelle. Peu de mouvements, l’immobilité entraînant le sentiment que tout peut arriver. Là est tout le principe du film : être à la fois feutré et bouillonnant, osciller entre confort et malaise, ne jamais être sûr des personnages et de leurs intentions, voire même de leur existence. Car plus qu’une histoire au premier degré, il s’agit ici d’un conte. Un conte cruel. Or les contes sont remplis de symboles, ici évidents : une île, une maison qui la domine, leurs habitants qui regardent au dehors à l’aide de jumelles, de loin, ne voulant pas se mélanger. C’est donc l’extérieur qui va venir à eux. L’homme est étrangement parfait, difficile à appréhender, habillé en blanc, avec des lunettes de soleil miroir. Le noir absorbe la lumière, le blanc la réfléchit. Ce n’est donc pas lui qu’on regarde, mais soi-même. Il cristallise la personnalité profonde de chacun. Est-il seulement vivant, serait-il un spectre ? Car la toute fin du film laisse planer le doute. L’histoire ne livre pas tous ses secrets, car elle a l’ambition de ne pas quitter le spectateur en sortant de la salle.

Boris doit continuer à distiller son venin et susciter des interrogations…

 

ENTRETIEN DE GILLES PAQUET-BRENNER ET LOLITA PILLE

Qu’est-ce qui vous a convaincu tous les deux d’adapter le roman de Serge Joncour : ses qualités “cinématographiques” ?

GPB : Il y avait effectivement une atmosphère “visuelle” très forte dans le roman c’est un bouquin d’atmosphère au même titre que le film est aujourd’hui un film d’atmosphère - mais aussi une intrigue qui tenait en haleine : il ne se passait pas grand-chose, mais suffisamment pour que l’on ait envie de connaître la suite, avec une fin relativement ouverte. Du coup, j’avais envie de faire un film qui soit semblable à un conte, que l’on ne sache plus vraiment à l’issue du film si l’on est dans le réel ou dans le domaine du rêve, du fantasme. En temps normal, je ne suis pas forcément client des fins ouvertes, qui peuvent être un petit peu frustrantes pour le spectateur, parce que cela remet en cause beaucoup de choses qu’il a vues auparavant, mais nous avons toujours considéré qu’UV serait un film qui devait continuer à vivre après que le spectateur l’ait vu. On continue à se poser des questions en sortant de la projection. Ce n’est pas un film prêt à consommer, il demande un peu plus d’efforts et garde un vrai mystère.

 

 LP : La fin du roman de Serge Joncour laissait effectivement libre cours aux interprétations, aux fantasmes. Mais dans la mesure où l’histoire se concentre sur deux protagonistes dont les objectifs se heurtent - le père qui veut protéger sa famille et l’intrus qui cherche à l’infiltrer – leur affrontement final était inévitable : c’est une vraie fin de western.

 GPB : Ce qui est intéressant aussi dans le roman, c’est que sous son aspect glacé, il traite de beaucoup de thèmes qui permettaient de réaliser un thriller, une comédie de moeurs, mais aussi un vrai film social à mon sens : Boris, qui sort de prison, se retrouve dans le luxe absolu, chez une famille de grands bourgeois qui vit dans un magazine.

LP : En le poussant un peu, Serge Joncour affirme d’ailleurs qu’il a écrit quelque chose de social. Le livre, et par extension le film, peuvent être interprétés comme la démonstration que les nantis sont toujours gagnants, quoi qu’il arrive. Boris a beau représenter un vrai soulagement pour cette famille qui s’ennuie et qui trouve en lui l’attraction de la semaine, il n’a pas les armes…

 

Lolita, votre expérience sur HELL, tiré de votre propre roman, vous a-t-elle servi pour l’adaptation d’UV ?

 LP : Cela m’a appris une chose : ne jamais décevoir un écrivain, ne jamais empiéter sur sa démarche. J’ai lu le roman de Serge, que j’ai beaucoup aimé, j’en ai gardé les éléments dramaturgiques et j’ai écrit le premier jet du scénario en suivant les indications de Gilles, sans entrer dans une profession de foi personnelle : j’ai essayé un maximum de faire l’intermédiaire entre une volonté d’auteur et une volonté de réalisateur. 

GPB : Ce que Lolita a vraiment apporté, ce sont les dialogues, qui étaient très peu présents dans le roman.

LP :  La grande difficulté de l’adaptation d’un roman, c’est de faire passer l’introspection en images. Et le roman de Serge était vraiment fait de l’introspection de six personnages. Toute la difficulté était donc de traduire le chaos mental de chacun, que j’ai essayé de faire passer dans les dialogues.

GPB : La grande force de Lolita a été que dès le premier jet, elle a réussi à faire que l’on ne s’ennuie pas, et c’était loin d’être évident. D’ailleurs, Serge Joncour est ravi de son adaptation.

 LP :  En tout cas je voulais que le film soit fidèle au roman, j’avais vraiment envie de ne rien affecter. Mon travail a été de respecter, de préserver le texte. Un auteur heureux de son adaptation, cela n’a pas de prix, et je suis moi-même très heureuse du film pour cette raison.

On pense évidemment au film de René Clément, PLEIN SOLEIL…

  GPB : Bien sûr, mais ma principale référence, c’était LES PROIES de Don Siegel. Autant l’univers visuel renvoie à PLEIN SOLEIL, à LA PISCINE ou même au MÉPRIS, avec cette lumière très blanche, autant thématiquement, ce sont LES PROIES qui m’intéressaient, avec cette idée du supposé loup qui se transforme en proie. Mais il y a effectivement un côté très sixties dans UV.

Y compris dans une certaine fascination pour la beauté, l’esthétique…

GPB : Oui, c’est un film très plastique. L’esthétique dominante dans le cinéma actuel est vraiment ancrée dans le réel, avec beaucoup de caméra à l’épaule, y compris dans les blockbusters américains comme LA MORT DANS LA PEAU ou LES FILS DE L’HOMME, et nous avions envie, au contraire, d’un film très statique, d’une caméra posée qui utilise les lignes d’horizons et le scope. Avec le chef opérateur Diego Martinez-Vignatti, nous avons également voulu concevoir les décors comme des espaces mentaux : nous avons utilisé une gélatine différente pour chacune des pièces, avec une teinte qui corresponde à chacun des personnages. On a voulu jouer un peu de l’inconscient du spectateur, en distillant des informations à travers la lumière et le cadre sans que rien ne soit jamais affiché. Je vois un peu le film comme une poupée russe, en tout cas c’est comme cela que je voulais le construire.

Avez-vous également utilisé la symétrie des espaces et les gros plans pour renforcer l’impression d’enfermement ?

GPB : Paradoxalement oui. Ce sont des gens qui ont des horizons infinis mais qui vivent sur une île et cela correspond assez bien à leur statut social : quelqu’un qui a beaucoup d’argent et qui peut donc faire ce qu’il veut, est pourtant conditionné, par son éducation, pour rester dans sa caste. D’où le symbole de l’île.

 

Pour autant, vous n’avez pas tourné sur une île mais à Ramatuelle : du coup, avez-vous particulièrement travaillé avec les comédiens sur cette sensation d’isolement, d’enfermement ?

GPB : J’imagine que cela dépend des metteurs en scène mais personnellement, ce n’est pas ma méthode. Je considère que les acteurs sont de grandes personnes qui savent exactement ce qu’elles ont à faire. Si vous prenez Jacques Dutronc, dans la mesure où il vit les trois quarts de l’année en Corse, il comprenait très bien ce que ressent son personnage. C’est finalement un hasard que nous ayons tourné à Ramatuelle : le plus difficile était de trouver la maison. Il fallait qu’elle ait l’air d’être isolée et, en même temps, que rien dans son entourage ne puisse déterminer où elle se trouvait. Si l’on avait reconnu la localisation de la maison, on aurait entaché le côté symbolique de l'histoire.

Comment avez-vous trouvé votre Boris ?

 

 

GPB : Boris, c’est un rôle compliqué à caster en France. En plus, je ne voulais pas une star, qui aurait immédiatement introduit un lien avec le public, et donc une forme de complicité qui aurait plus facilement permis d’anticiper les mouvements du personnage. Nicolas, aujourd’hui, peu de gens le connaissent et il avait le charisme nécessaire : en dehors d’être beau, il a un côté animal et une violence rentrée que l’on ressent immédiatement.

Pascal Elbé est une fois de plus parfait…

GPB : Pascal, on a vraiment écrit pour lui. Ce que je sentais bien chez lui, c’était, d’une part, son physique contrasté avec les autres membres de la famille, mais aussi son talent comique : il fallait que le personnage d’André-Pierre apporte une vraie bouffée d’air frais au film. Pascal, qui est un acteur très fin, permettait aussi au personnage de sortir du cliché du loser dans la mesure où il reste assez séduisant : il a beau s’en prendre plein la tête toute la journée, il garde un certain charisme. C’est un équilibre que je trouvais intéressant chez lui, et c’est d’ailleurs le seul personnage auquel le spectateur peut s’identifier.

Les femmes en revanche sont un peu plus spectatrices des événements …

LP : Oui et non, dans la mesure où ce sont pour les femmes et par les femmes que tout passe ! Elles ne sont pas que décoratives, c’est par elles que le mal arrive. Il y a d’ailleurs plus de testostérone dans le personnage de Laura que dans celui de Pascal. Boris, de son côté, se contente de s’acquitter de son office auprès de la séductrice puis de la mal mariée, le tout sous le regard consentant des parents. On sent bien que dans ce milieu bourgeois, les choses les plus sordides peuvent avoir lieu : du moment que ça ne dépasse pas et que cela ne ressort pas à table, on s’en accommode.

À ce titre, comment s’est fait le choix des comédiennes ?

LP : Laura était une sorte d’évidence, avec son visage félin, animal, et ses yeux bleu piscine. C’est l’une des personnalités les plus intéressantes du cinéma français aujourd’hui.

GPB : Elle est effectivement arrivée très vite. Quant à Anne, c’est le distributeur qui nous a soufflé son nom et elle a été parfaite : il fallait que tout soit cohérent, on construisait une famille, et si l’on regarde Anne et Jacques côte à côte, cela fonctionne incroyablement. Anne était aussi intéressante par rapport à l’âge du personnage : il n’y en a pas tant que ça, des actrices qui puissent à la fois être très belles et dégager une certaine maturité. Et puis je tenais aux yeux bleus ! Je voulais que les trois enfants soient beaux au point d’en être inquiétants, comme si les parents les avaient commandés sur Internet. De même que je tenais à ce que la mère soit une étrangère parce que je voulais un univers cosmopolite, c’est un classique de ce milieu. C’est aussi la seule avec André-Pierre qui soit à peu près normale dans cette famille à sang-froid, cette famille de vampires.

Lolita, c’est un luxe rare pour un scénariste d’assister au tournage : quelle place teniez-vous sur le plateau ?

LP : J’aime vraiment le cinéma et je voulais aller plus loin que l’écriture, j’avais envie de voir ce que cela donnait en action. Gilles a pris le risque de me laisser faire le making-of, alors que je n’avais jamais tenu une caméra.

GPB : Le making-of était un peu un prétexte : comme nous sommes très amis par ailleurs et que j’avais loué une maison pour le tournage, c’était un joli moment de vie à partager.

Forte de cet oeil neuf sur un tournage, qu’en avez-vous retiré ?

LP : C’est une mécanique bien huilée, très hiérarchisée, dans laquelle chacun reste à sa place. J’avais une position d’électron libre et réaliser un film dans le film faisait de moi un peu une intruse.

GPB : Le tournage s’est vraiment passé de façon très douce, il n’y a pas d’anecdote particulière…

LP : …sauf Laura qui était malade au moment où on a tourné la scène de baignade de nuit. C’est l’une des scènes que je trouve les plus belles du film.

GPB : Cela a été une scène très difficile à tourner, qui s’est transformée en moment de grâce. Filmer de nuit en pleine mer, c’est rare…

LP : …quand on est arrivé à huit heures du soir sur cette pointe, tout le monde était fatigué, il faisait froid, Laura était malade…

GPB : …tout ce qu’on a tourné cette nuit-là est dans le film. Au cinéma, les éléments extérieurs amènent souvent autre chose et si l’on sait les dompter, ils rendent la scène meilleure. Car si j’avais pu tourner tous les plans que je souhaitais, la scène aurait été plus démonstrative et moins intéressante, alors qu’elle est finalement très pure, il y a quatre ou cinq plans, c’est tout… C’est marrant : dans GOMEZ ET TAVARES, il y avait 3500 plans montés et dans UV seulement 600 ! Mais je travaille depuis longtemps avec mon monteur Bertrand Collard, et il venait de finir LES FRAGMENTS D’ANTONIN, un film très intéressant dont le montage l’a rôdé au rythme particulier de UV, imprégné d’une langueur qui ne doit pas sombrer pour autant dans l’ennui.

 

 

 

.

(BANDE ANNONCE 2007)



Voir les commentaires

88 MINUTES (BANDE ANNONCE VOST 2007) avec AL PACINO

Publié le par ERIC-C

88 MINUTES

Thriller américain de Jon AVNET (RED CORNER, BEIGNETS DE TOMATES VERTES, PERSONNEL ET CONFIDENTIEL)

avec AL PACINO - Alicia WITT - Leelee SOBIESKI

L'HISTOIRE : Expert universitaire en psychiatrie criminelle, le docteur Jack Gramm est aussi consultant auprès du FBI. Il a construit sa remarquable réputation sur ses "évaluations" infaillibles des individus et des facteurs de risque. C'est grâce à lui que le tueur en série Jon Forster a été arrêté et va être exécuté. Pourtant, des meurtres identiques sont à nouveau commis... Jack est convaincu qu'il a vu juste et que c'est un imitateur qui continue l'oeuvre de Forster.
Lorsque Jack se retrouve directement menacé de mort, il est lui-même condamné à prouver que ses théories sont justes parce que sinon, dans 88 minutes, celui qui le traque le tuera...

Al Pacino. 2007 Metropolitan Filmexport _ tous droits réservés

2007 Metropolitan Filmexport _ tous droits réservés

Alicia Witt et Al Pacino. 2007 Metropolitan Filmexport _ tous droits réservés

Al Pacino et Leelee Sobieski. 2007 Metropolitan Filmexport _ tous droits réservés

2007 Metropolitan Filmexport _ tous droits réservés

Al Pacino. 2007 Metropolitan Filmexport _ tous droits réservés

Al Pacino. 2007 Metropolitan Filmexport _ tous droits réservés

 

(BANDE ANNONCE VOST 2007)



Voir les commentaires

ABANDONNEE (2011) avec Anastasia HILLE - Karel RODEN - Carlos REIG

Publié le par ERIC-C

ABANDONNEE

de Nacho CERDA  (AFTERMATH, GENESIS)

avec Anastasia HILLE - Karel RODEN - Carlos REIG - Valentin GANEV

Wild Side

 

L'HISTOIRE : 
Marie, productrice de cinéma américaine, retourne dans son pays natal, la Russie, où le cadavre de sa mère a été retrouvé dans des circonstances étranges. Elle ne l'a jamais connue, ayant été adoptée et emmenée aux Etats-Unis à la naissance. Le seul indice dont elle dispose est une ferme isolée, abandonnée dans les montagnes, qui appartenait à ses parents naturels.
Marie hérite du lieu, mais personne ne veut l'y conduire, car une superstition locale prétend que l'endroit est damné. Un seul homme est prêt à s'embarquer pour un voyage aussi long et dangereux. Un inconnu qui, étrangement, semble en savoir beaucoup sur son histoire...
Une fois sur place, le mystérieux guide disparaît, obligeant Marie à explorer seule le site abandonné. Elle y découvre un homme appelé Nikolaï, qui prétend avoir été attiré ici exactement de la même manière...

Wild Side

NACHO CERDA, LE RÉALISATEUR

Nacho Cerda s’est intéressé très tôt au cinéma, réalisant chez lui des films en Super 8 et en vidéo. Après un diplôme à l’'école de journalisme de Barcelone, il suit des cours à l’'école de cinéma de Californie du sud à Los Angeles. Il y tourne son premier court métrage en 16 mm intitulé THE AWAKENING. En 1994, ses partenaires et lui fondent Waken Prods, une société de production pour laquelle il dirige son deuxième court métrage, le controversé AFTERMATH. Il produit également deux autres courts métrages, DOCTOR CURRY et DIAS SIN LUZ. Puis il réalise GENESIS, un court métrage au succès mondial, nommé comme Meilleur Court métrage aux Goya 98 (équivalent des Césars espagnols). ABANDONNÉE est son premier film, il a été selectionné au Festival Internationnal du Film de Toronto dans la séléction offi cielle - Midnight Madness.

FILMOGRAPHIE

1990 THE AWAKENING (scénariste et réalisateur)

1994 AFTERMATH (producteur, scénariste et réalisateur)

1996 DOCTOR CURRY (producteur)

GENESIS (producteur, scénariste et réalisateur)

2002 99 EURO (réalisateur – segment “Las Olas”)

2006 ABANDONNÉE (THE ABANDONED)

(réalisateur et co-scénariste

Anastasia Hille. Wild Side

PAROLES DE REALISATEUR

J'’ai un excellent souvenir du Noël 1975, lorsque mon oncle m’a aidé à me glisser à une certaine séance de cinéma l’'après-midi. Ce que j’'ai expérimenté ce jour-là m’a littéralement collé à mon fauteuil et terrifié, comme de nombreux autres cinéastes de ma génération. Je parle, évidemment, des Dents de la mer de Steven Spielberg. Bien entendu, à l'’époque, je n’'avais que six ans et mon éducation cinématographique se résumait aux dessins animés du samedi matin… Mais mon oncle sadique n’'aurait pas pu imaginer une meilleure façon de m'’initier aux plaisirs du grand écran qu’'en m’'emmenant voir des films interdits aux enfants. Peut-être que ma fascination pour le genre provient de cette image à la fois perturbante et fascinante d'’un requin dévorant Robert Shaw… Ou de la tête tranchée jaillissant de la coque du bateau coulé… Depuis lors, le cinéma pour moi consiste à essayer, de manière obsessionnelle, de revivre ces deux heures-là. Avec le Super 8, au-delà des techniques de base du medium, j'’ai découvert que j'’étais fasciné par la capacité qu’a le cinéma de reproduire des sentiments. Des émotions pouvaient être préservées et revisitées encore et encore. Cela m’a rempli de joie, et je suis devenu accro. Enfant, j’'étais un peu autiste. Demandez à mes copains de classe, toutes les discussions autour du foot étaient pour moi une vrai corvée. Au lieu de cela, j'’étais habité par l’'idée de contrôler le temps et l’'espace grâce au cinéma… Créer une espèce d’'immortalité que je pourrais façonner à mon bon vouloir. Le cinéma était la boîte de Pandore des sensations et, surtout, c'’était magique. Qui, enfant, n’'aimait pas voir les magiciens exécuter leurs tours mystérieux à la télévision, découpant les gens dont les deux parties demeuraient néanmoins vivantes ? J'’ai toujours adoré ça. J'’admets avoir un côté masochiste. J'’aime être terrifi é au cinéma, puis éprouver une catharsis après la séance. Je sais que je ne suis pas le seul. Depuis que j’'ai fait du cinéma mon métier, mes peurs enfantines n'’ont jamais cessé de revenir me hanter… Mais aussi de m’'inspirer. Abandonnée est le résultat de mon cruel désir de frapper les spectateurs de terreur pendant 90 minutes. J'’ai souhaité invoquer mes peurs enfantines et les mêler aux leurs, comme la peur du noir, d’'être seul…. Et, au bout du compte, celle de la mort. L'’intrigue raconte le voyage d’'une femme en Russie où sa mère est morte dans de mystérieuses circonstances. Pour Marie, une femme nord-américaine, rebelle, ce séjour sera le catalyseur de sa destruction. Elle va être isolée dans une région éloignée, handicapée face à une langue et une culture qu’elle ignore, confrontée à la suspicion des Russes, qui après avoir été étouffés par le communisme pendant longtemps considèrent tout ce qui est étranger comme menaçant. L'’isolation va être la toile de fond d’un cauchemar sans fin. J'’ai voulu donner au film un aspect quasi documentaire, avec des lieux et des personnages présentés de la manière la plus réaliste possible, pour contrebalancer les éléments ouvertement fantastiques de l'’histoire. Je suis fasciné par l'’horreur du quotidien, qui surpasse généralement la moindre tentative de fiction. Les décors, le son, la photo, l'’interprétation… Chaque élément fait partie d’'un ensemble dont j’'aimerais ôter tout artifice, afin de mieux jouer avec les peurs les plus tangibles et primales du spectateur. Par-dessus tout, Abandonnée parle de l’apparition des fantômes quotidiens que nous avons tous cachés en nous… Comment leur donner l’'étincelle de vie et les regarder droit dans les yeux ? Il me tarde le moment où les lumières baisseront lentement dans la salle et où les ténèbres commenceront à nous envelopper…. Cette idée même me terrifie..

Nacho Cerda

Septembre 2006

Wild Side

ANASTASIA HILLE (MARIE)

Elle a joué dans The hole (2001) de Nick Hamm, et Un été pour vivre (New Year’s Day) (2001) de Suri Krishnamma, ainsi que, entre autres, dans RKO 281 de Benjamin Ross, Outside The Rules de Salli Aprahamiam, et Hawking de Philip Martin.

Wild Side

KAREL RODEN (NIKOLAÏ)

Karel Roden est un célèbre acteur tchèque qui a fait ses débuts à Hollywood aux côtés de Robert De Niro et d’Edward Burns en brillant manipulateur de médias dans 15 Minutes (Fifteen minutes). Représentant la cinquième génération d’une famille de comédiens, Karel Roden a joué dans de nombreux longs métrages dans son pays natal. Son interprétation dans Cas sluhu (Time of the servants) a été encensée aux festivals de Cannes, Genève et Montréal. Également à l’aise sur les planches, il a interprété de nombreux premiers rôles au Théâtre de la Ville de Prague et au Théâtre du Labyrinthe de Prague. Il est membre du Théâtre National de Prague depuis 1992. Ses rôles dans Cold Shower, Don Juan et Faust ont connu un grand succès. On a récemment pu le voir dans Hellboy (2004) de Guillermo Del Toro, La mort dans la peau (The Bourne supremacy) (2004) de Paul Greengrass, et Le gardien du manuscrit sacré (Bulletproof monk) (2003) de Paul Hunter.

Wild Side

Wild Side

 

Voir les commentaires

TEHILIM (BANDE ANNONCE VOST 2007) de Raphaël NADJARI

Publié le par ERIC-C

TEHILIM
Film dramatique france, américain, israel de Raphaël NADJARI (APARTMENT #5C)
avec Michael MOSHONOV - Limor GOLDSTEIN - Yonathan AISTERTEHILIM.jpg
L'HISTOIRE : A Jérusalem, aujourd'hui, une petite famille juive mène une existence ordinaire. Mais à la suite d'un accident de voiture, le père disparaît mystérieusement. Chacun tente de faire face comme il peut à cette absence, aux difficultés du quotidien. Alors que les adultes se réfugient dans le silence ou la foi, les deux enfants, Menachem et David, essaient, à leur manière, de retrouver leur père...
A PROPOS DU TITRE TEHILIM : Tehilim, Les psaumes, ce sont les poésies, les chansons, les enseignements, les méditations attribués au Roi David. C'est la pièce centrale de la liturgie judaïque. Les Tehilim sont censés accompagner les Juifs tous les jours de leur vie, en toute occasion, mariage, naissance, joie, tristesse, peine, désarroi. C'est un texte pour les humbles et pour les puissants, l'histoire d'un combat humain, complexe et terrible, une forme de rédemption exemplaire que l'on est censé lire et questionner comme une inspiration, un espoir, une référence.
 ENTRETIEN AVEC RAPHAEL NADJARI
Tehilim marque une nouvelle étape dans votre travail. Le film raconte la disparition inexpliquée d'un père qui laisse sa famille faire face à elle-même. Pourquoi avoir choisi cette histoire ? Je cherchais une histoire simple et intime pour parler des sujets les plus complexes. Un monde bouleversé par la disparition d'un homme qui exige une réinvention de chacune des personnes qui l'ont connu. J'ai cherché au travers du réel et du quotidien d'une famille à raconter l'insurmontable, la disparition de ceux qu'on aime. Comme si quelque chose de Dieu lui-même nous avait abandonné, dévoilé notre vulnérabilité, provoqué le début d'un questionnement. Pour le retrouver. 
Votre cinéma est constamment en déplacement. Vous avez très peu tourné en France, beaucoup à New York, maintenant en Israël. Quel est le moteur de cette identité cosmopolite ? Chacun de ces films est une rencontre avec une communauté, avec une expérience différente. Dans mes films New Yorkais, The Shade, I am Josh Polonski's Brother, j'ai travaillé sur des familles juives d'Europe de l'Est, puis dans Appartement #5c sur des expatriés israéliens aux États- Unis. Avanim, mon premier film israélien, est centré sur des Juifs moyen-orientaux, et Tehilim sur une communauté ashkénaze, plus européenne. Au delà d'une thématique récurrente, je cherche l'universel au travers du particulier, un mouvement de vie au delà des identités. Je ne fais pas une étude sociologique, je cherche à comprendre spontanément la dimension composite et dialectique du judaïsme, au-delà de ses appartenances communautaires. Je cherche à comprendre une humanité, et les possibilités qu'elle nous donne à découvrir, sa beauté, sa richesse mais aussi ses tabous, ses errements et sa tristesse, son univers sensible et sa place dans le monde.
Tehilim est votre second film israélien. Qu’est-ce qui vous a donné envie de continuer à tourner en Israël ? On filme une histoire, et c'est un récit qui nous fait habiter des lieux. L'histoire raconte la vie d'une famille juive dans la Jérusalem d'aujourd'hui. Si on regarde cela d'un point de vue de la continuité d'un travail, les films que nous avons fait traversent le monde juif, et Israël est une étape incontournable de ce monde-là. Dans Tehilim, je ne m’intéresse pas seulement à l'origine ethnique de mes personnages, mais aussi au type de judaïsme qu’ils pratiquent : celui de l'orthodoxie moderne d’Israël qui oscille entre une tradition puissante et son inscription dans le monde moderne.
Avanim a été tourné à Tel-Aviv, une ville plate, côtière, le centre économique d’Israël, alors que Tehilim se déroule à Jérusalem, une ville montagneuse, le centre historique et religieux du pays. Comment avez-vous abordé ce changement ? A Tel-Aviv, on cherche à vivre le moment présent alors que l'inscription architecturale dans la montagne de Jérusalem cherche s y m b o l i q u e m e n t l'éternité. A Tel-Aviv, les problématiques sont modernes, alors que Jérusalem pose des questions plus intemporelles. Ce balancement entre les lieux est une topographie d'Israël aujourd'hui : un équilibre fragile. Je voulais voir Jérusalem comme un lieu intime, pas seulement comme un lieu de grandeur et de tourment. Et c’est dans l’univers familial que j’ai essayé de retrouver le sens de la fraternité de cette ville...
Tehilim a été tourné dans la rue Ha’palmakh, dans un environnement religieux spécifique. Pourquoi avoir choisi ce quartier ? Dans l'histoire de la Jérusalem moderne, Ha’palmach n'était pas à l’origine un quartier très religieux, mais plutôt le lieu de l'élite universitaire de Jérusalem. Cette rue a été pendant des années un lieu de mélange entre laïcs et religieux. Cependant, depuis quelques années, le quartier est devenu de plus en plus orthodoxe. En termes identitaires, ce fut l’une de mes découvertes les plus frappantes, car je me souvenais de la Jérusalem bigarrée où j’étais venu tant de fois, aujourd’hui entièrement modifiée. Avec les régisseurs, Meir Tetset, Tom Ashouah et mon assistant, Frédéric Lefevbre, nous avons visité des dizaines de quartiers dans l’idée de trouver un lieu intermédiaire, un « entre-lieu » dans la partie juive de la ville. Je cherchais donc à raconter l’histoire de Juifs « intermédiaires », ceux qui font le lien entre différents modes de vie. Ce quartier était le plus proche de l’environnement de mes personnages, inscrits à la fois dans la tradition et dans la modernité.
Vos acteurs sont tous remarquables. Certains sont des « non professionnels » dont les enfants qui incarnent les deux frères au centre du film. Comment les avezvous choisis ? Je les ai rencontrés grâce à Amit Berlowitz, ma directrice de casting. Nous avons rencontré plusieurs enfants, et même les frères d’une vraie famille. Les acteurs que nous avons finalement choisis ne sont pas d’une même fratrie. Ce qui les rend si touchants c'est leur magnifique capacité à sentir, à être à l’écoute des autres acteurs, à reformer une vraie famille, avec un lien organique imaginaire. Il y a en Israël des acteurs extraordinaires. Je tiens à citer tous mes interprètes, et pas seulement les enfants : Michael Moshonov, Yonathan Alster, Limor Goldstein, Yohav Hait ou encore Ilan Dar et Reout Lev… Ils ont tous été d'un courage impressionnant et d'une générosité que nous avons partagés en équipe. Il faut savoir que leurs expériences respectives sont totalement différentes : certains sont des gens de théâtre, d'autres de cinéma, pour quelques-uns c’était une première expérience en tant qu’acteurs. Nous avons fait ce film comme un petit conte du quotidien, nous le vivions chaque jour comme tel... Dans cette famille recomposée au coeur du film, avec le père, la mère, les deux enfants, le grand-père et l’oncle, il fallait que tous se ressemblent, que quelque chose les unisse, mais, en même temps, que chacun garde des positions spécifiques et contradictoires.
Le film était une sorte de laboratoire, un «work in progress » où l’improvisation a joué un rôle essentiel. Pourriez-vous parler de votre méthode de travail ?Avec Vincent Poymiro, mon coscénariste, nous avons travaillé pendant trois ans à écrire une histoire-cadre. Nous avons élaboré des dizaines de versions qui m'ont donné une certaine maîtrise des principaux motifs du film. Ensuite, à cause de problèmes de logistique et en accord avec mes producteurs, j'ai remanié ce matériel, passant nuit après nuit avec mon assistant (y compris pendant le tournage) à revisiter chacun de ces motifs avant de les soumettre aux acteurs. Avec Sean Foley, le monteur, nous travaillions en parallèle pour évaluer les directions du film au fur et à mesure de sa réalisation. Cette écriture « en train de se faire », qui s'est achevée en fait seulement au moment du montage son, a donné au matériel scénaristique une dimension ouverte et fragile. Lorsque nous avons enregistré à Tel Aviv la musique de Nathaniel Mechaly, nous avons « découvert » le film, toutes ses couches narratives, son véritable sens. Lorsque les acteurs entraient sur le plateau, ils n'arrivaient pas toujours à accepter que tout change en permanence. Nous nous sommes laissés emporter par chaque scène, dans une vraie relation au récit, créant un matériel composite, comme une pensée qui se recompose, une pensée en mouvement.
(BANDE ANNONCE VOST 2007)


Voir les commentaires

NINA HAGEN - Herman Ist High (BOF CLIP LIVE : Cha Cha - 1979)

Publié le par ERIC-C

NINA HAGEN - Herman Ist High (BOF CLIP LIVE : Cha Cha - 1979)
.


Voir les commentaires

LES CHANSONS D'AMOUR (BANDE ANNONCE 2007) avec Louis GARREL, Ludivine SAGNER, Chiara MASTROIANNI

Publié le par ERIC-C

LES CHANSONS D'AMOUR

Film dramatique musical de Christophe HONORE (17 FOIS CECILE CASSARD, MA MERE, DANS PARIS)

avec Louis GARREL, Ludivine SAGNER, Chiara MASTROIANNI, Clotilde HESME

LES CHANSONS D'AMOUR (BANDE ANNONCE 2007) avec Louis GARREL, Ludivine SAGNER, Chiara MASTROIANNI

L'HISTOIRE : 

Toutes les chansons d'amour racontent la même histoire : "Il y a trop de gens qui t'aiment"... "Je ne pourrais jamais vivre sans toi"... "Sorry Angel". Les chansons d'amour raconte aussi cette histoire-là.

 

 ENTRETIEN AVEC CHRISTOPHE HONORE      

LES CHANSONS D’'AMOUR s’'est élaboré à partir d'’un matériel musical pré-existant : des chansons signées Alex Beaupain...

Je connais Alex depuis qu'on a vingt ans. Il a fait la musique de tous mes films, je lui ai moi-même écrit quelques paroles de chansons. Après l'accueil de DANS PARIS, qui me permettait de proposer vite un autre projet, je lui ai demandé si je pouvais me servir de ses chansons - certaines issues de son dernier album, d'autres beaucoup plus vieilles - et je les ai intégrées dans un scénario qui racontait une histoire assez douloureuse qui nous était commune. J'ai fait ensuite un travail d'adaptation sur ses textes, et lui ai demandé d'écrire de nouvelles chansons.

C’'est la première fois que vous vous confrontez aussi frontalement au sentiment amoureux...

Dans DANS PARIS, j'ai osé présenter des gens qui étaient dans l'amour l'un de l'autre, mais il s'agissait surtout d'amour fraternel, je restais gêné par le sentiment amoureux. Pour moi, ce n'était pas rien de mettre le sentiment au coeur d'une histoire, je n'ai jamais su faire ça. D'où l'idée de faire un film où les personnages se mettent à chanter dès qu'ils sont dans un état amoureux parce qu'ils sont dans l'incapacité de l'exprimer autrement. J'ai toujours aimé la chanson, cette manière d'être dans un sentiment intense, mais fugitif, avec un souci permanent de légèreté. J'ai toujours été très fan des chansons d'amour, je peux être bouleversé par une variété française qui a priori ne m'intéresse pas musicalement simplement parce que je suis touché par un refrain, une voix, une émotion que je trouve très justement exprimée.

Vous aviez envie de faire une comédie musicale depuis longtemps ?

Oui, mais je voulais que le choix du genre soit justifié, ne pas être dans la parodie des codes. L'ironie est souvent très flatteuse parce qu'on a l'impression d'être malin mais ça n'a strictement aucun intérêt. Il n'était pas question pour moi de parodier le genre, juste me dire : «Ce film est une comédie musicale parce que les personnages ne peuvent pas exprimer leurs sentiments autrement qu'en chantant.» J'aime l'esprit de la comédie musicale, proche de celui de la pop : ne jamais se plaindre, ne jamais s'appesantir, s'offrir la possibilité du lyrisme à partir d'une tragédie quotidienne.

Être parti d'’un matériau chanté préexistant a modifié votre façon d’écrire le scénario ?

LES CHANSONS D'AMOUR raconte une histoire tellement personnelle que je la connaissais par coeur. La question de l'histoire ne s'est pas posée en fait, seulement l'idée de comment l'affronter sans être pétrifié, comment la raconter, la faire fonctionner dans une structure musicale qui rejaillisse sur l'ensemble du film. Les lieux, comme l'appartement des parents, reviennent comme des refrains, avec une tonalité changée selon ce qui s'est passé dans le couplet précédent. Et comme dans les chansons où certains instruments reviennent ou disparaissent pendant que d'autres s'ajoutent, les personnages secondaires viennent relancer la fiction et d'autres finissent par en être évacués.

Comment s’est passé le travail musical sur le film ?

On a réarrangé les chansons d'Alex avec Frédéric Lo, qui a notamment travaillé avec Daniel Darc - en ne perdant jamais de vue qu'on n'avait pas un an devant nous, ni le budget pour faire venir un orchestre. Nous avons essayé de faire correspondre notre désir avec nos moyens, et je pense que cela finit par créer une esthétique, une justesse. On parle souvent de la justesse des comédiens, de la bonne distance d'une mise en scène mais l"esthétique générale d'un film doit elle aussi être juste. Alex et moi ne voulions pas que les chansons sonnent «cheap». Les acteurs ont beaucoup répété avec Alex. On a fait les premières lectures tous ensemble début novembre, puis enregistré les chansons juste avant Noël pour avoir les play-back sur le tournage, qui commençait en janvier.

Filmer des personnages qui chantent a-t-il modifié votre rapport à la mise en scène ?

Filmer des personnages qui chantent est très compliqué en termes d'incarnation. Il faut arriver à ce que le passage du parlé au chanté, puis le retour au parlé, paraisse naturel... Mais qu'en même temps, il se passe quelque chose de l'ordre du «pas naturel». Il faut que la mise en scène accepte de s'affranchir d'un réalisme, mais sans tomber dans le clip. La peur de transformer mon film en 13 clips me donnait des sueurs froides. À tel point que la première chanson que j'ai tournée, je l'ai faite en plan séquence, en m'interdisant tout découpage. Mais je me suis aperçu tout de suite que c'était une très mauvaise idée, parce que j'allais me retrouver au montage avec des plans séquence que je ne pourrais absolument pas couper. Je suis donc allé dans une mise en scène et des découpages de plus en plus complexes au fil des chansons et selon l'émotion qu'elles expriment.

«Le départ», «L’absence», «Le retour»... Une structure en trois parties...

C'est au montage que je me suis aperçu qu'il y avait trois parties dans le film. C'est la structure classique de toute comédie ou drame sentimental. Dans LES CHANSONS D'AMOUR, le retour du sentiment amoureux passe par un tiers extérieur au drame, et par l'arrivée d'un fantôme. Peut-être d'ailleurs que le désir fondateur du film était d'offrir à ce fantôme là un retour sur terre le temps d'une chanson.

Chacun des personnages réagit très différemment à l’irruption du tragique...

J'ai l'impression qu'ils réagissent surtout à des vitesses différentes. Ismaël (Louis Garrel) marche à l'aveugle mais il continue à marcher, malgré tout. Dès le début du film, je l'ai filmé en mouvement, et ce mouvement, je refusais de le suspendre malgré le surgissement de la catastrophe. Et puis Erwann (Grégoire Leprince-Ringuet) accélère un peu plus sa course. Jeanne (Chiara Mastroianni), elle, est condamnée à l'immobilité : elle reste un point fixe. La catastrophe la fige. Quant à Alice (Clotilde Hesme), elle marche à côté d'Ismaël, puis elle prend une parallèle, part dans une autre histoire avec ce garçon breton qu'elle rencontre. Souvent dans mes films, la tragédie naissait de l'attente de la catastrophe. LES CHANSONS D'AMOUR est plus dans la conséquence, la résistance. C'est un film plus au présent finalement. Ici la catastrophe offre de nouveaux territoires à parcourir.

Notre époque aussi a droit à ses tragédies ?

La tragédie ne prévient pas, on n'a pas besoin de la Guerre de Troie pour qu'elle fasse irruption dans notre vie. L'idée a été d'incarner l'histoire dans la ville... Sans pour autant faire un film documentaire et militant, je tenais à une dimension d'actualité, d'où l'idée que le personnage d'Ismaël soit secrétaire de rédaction, c'est-à-dire en charge de l'actualité du monde. La fin de son idylle et de son insouciance ne se fait pas hors du monde.

Vous assumez la dimension d’être un cinéaste des années 2000, qui filme le monde d’'aujourd’'hui, en fait partie...

Oui, je ressens très fort cette nécessité de faire avec le monde, aujourd'hui. Je crois que cette nécessité est aussi liée aux conditions de production de ce film et du précédent. Il s'est écoulé très peu de temps entre le moment où j'ai exprimé le désir de faire ces films et celui où on les a tournés. Paulo Branco peut être très réactif, décider en octobre de faire un film en janvier. Du coup, tu n'as pas le temps de te construire un autre monde dans ta tête, tu ne peux qu'être dans le présent de ce que tu vis personnellement, dans le présent de ce que vivent les acteurs, la ville, la société...

Cet ancrage dans le réel est d’'autant plus frappant que le film relève de la comédie musicale...

Dans les comédies musicales, on a souvent la sensation d'être dans une bulle un peu kitsch, avec des références acidulées, des chansons qui produisent un décollement du réel.

Quand le monde extérieur est là, il est convoqué. Dans LES CHANSONS D'AMOUR, je convoque moins le monde que je ne fais avec. Je pense que le fait de filmer la ville où je vis change profondément les choses. Dans DANS PARIS, il s'agissait d'un Paris «musée». Pour LES CHANSONS D'AMOUR au contraire, j'ai choisi de me limiter au Xème arrondissement de Paris. Le Xème est l'un des rares arrondissements où l'on travaille dehors, avec des gens qui déchargent des camions de livraisons... Il ne s'agissait pas de bloquer des rues pour tourner, je voulais que la vie s'infiltre le plus possible dans les plans, et aussi respecter la géographie des lieux. Je m'étais donné cette contrainte non pas tant pour produire un effet de réel que pour m'empêcher de fantasmer un film.

Comment s'’est passé le casting ?

La première qui s'est imposée à moi, c'était Chiara. J'avais envie de travailler avec elle depuis longtemps et je l'avais entendue chanter. Travailler avec elle a été une révélation. J'ai eu l'impression de trouver mon double féminin, je compte bien refaire de nombreux films avec elle. Quant à Ludivine, je l'ai croisée de manière imprévue, je l'avais aussi entendue chanter. Humainement, quelque chose s'est vite installé entre nous, comme une confiance. Mais je n'avais pas encore le personnage masculin à l'époque de cette rencontre, je ne pouvais pas vraiment m'engager. Ça ne l'inquiétait pas, elle m'a juste répondu «sache que je suis là si t'as besoin de moi». Et évidemment, j'ai eu besoin d'elle. Besoin et envie. Clotilde Hesme, on avait travaillé ensemble au théâtre il y a longtemps, avant même qu'elle fasse LES AMANTS RÉGULIERS. Cela m'amusait de recomposer, différemment, le couple qu'elle formait avec Louis dans LES AMANTS RÉGULIERS. Et surtout, j'avais envie de la faire jouer sur un registre pétillant. Son personnage vient continuellement redonner du carburant au récit. À mon avis, Clotilde va bientôt débarquer dans le cinéma français avec la force d'un bulldozer délicat.

C'’est la troisième fois que vous travaillez avec Louis Garrel...

Oui, mais j'ai failli ne pas le prendre ! Je croyais qu'il ne savait pas chanter. Et puis au départ, je cherchais un Ismaël plus vieux que Louis. J'ai donc commencé à voir des comédiens, et je me suis aperçu que la manière dont parlait le personnage, c'était Louis, sa musique. Pendant ce temps-là, Louis m'appelait régulièrement pour savoir où j'en étais du casting, il me conseillait des acteurs. Puis il m'a demandé de lire le scénario. Il me laissait des messages sur mon répondeur : «Tu sais, je chante un peu, moi aussi...» Je n'imaginais pas faire un troisième film avec lui mais il était très insistant ! Alors je lui ai envoyé une chanson d'Alex en lui proposant de la répéter. Un jour, il est venu chez moi pour nous présenter son travail, à Alex et à moi. Il nous a demandé de nous retourner pour qu'il puisse chanter sans nous voir, et il s'est lancé... La peur faisait trembler sa voix, mais pour Alex et moi, ca a été une évidence. En fait, ce rôle était pour lui dès le départ, je crois que sans m'en rendre compte, je l'avais écrit pour lui. Quelque chose s'est construit entre nous avec tous ces films, quelque chose qui nous échappe mais qui nous a tous les deux construits et changés. Il m'a permis de trouver ma manière, mon identité de cinéaste.

Et Grégoire Leprince-Ringuet dans le rôle d'Erwann ?

Il jouait dans LES ÉGARÉS d'André Téchiné. Je me souvenais très bien de sa voix, très particulière comme celle de Chiara ou Ludivine. On a d'ailleurs appris ensuite qu'il avait été repéré par André dans une chorale. Grégoire représente une certaine jeunesse sans être du tout dans les clichés, ni dans le fantasme sexuel d'aujourd'hui. Sa beauté est franche, pas tapageuse. Je tenais à représenter un jeune qui ne doute pas de son homosexualité mais qui n'a pas encore eu d'aventure. Erwann n'est pas tourmenté par sa sexualité mais par ses sentiments. Grégoire avait une simplicité, une sorte de bonté qui m'a très vite convaincu.

À notre époque, on peut encore mourir d’'amour...

Oui, le sentiment n'est pas sans danger. J'appartiens à une génération où le «mourir d'amour» était forcément lié au Sida et j'avais envie de remettre ce danger sur le terrain des sentiments, sans passer par le sexe. Le Sida est toujours là, mais le danger réside aussi dans la manière de ne pas se sentir aimé ou de ne pas savoir aimer.

ENTRETIEN AVEC LOUIS GARREL

Vous qui travaillez avec Christophe Honoré depuis 3 films, vous voyez une évolution dans son cinéma ?

Dans DANS PARIS, on était beaucoup parti en improvisations. La mise en scène DES CHANSONS D'AMOUR était plus réglée, c'était comme un vieux film pour Christophe, il portait cette histoire en lui depuis longtemps. Je sentais que son désir venait de loin, c'était comme un accouchement tardif. Dans MA MÈRE, j'étais le fils ; dans DANS PARIS, j'étais le frère ; dans LES CHANSONS D'AMOUR, je joue un père potentiel qui n'assume pas cette place. On ne voit jamais la famille d'Ismaël, on ne sait pas d'où il vient. Je me demandais pourquoi Christophe avait fait de lui un Juif... Peut-être justement parce que le peuple juif est celui qui erre toujours, qui n'a pas d'attaches. Je connais des histoires de Juifs qui ne se sentent jamais autant chez eux que chez les autres, comme Ismaël dans le clan familial de Julie.

Et le coeur de Julie...

Dans le scénario, le couple se disputait parce que lui ne veut pas d'enfant. Cet aspect est moins présent dans le film mais je me racontais cette culpabilité-là pour jouer mon personnage : tuer une femme parce qu'on ne lui donne pas un enfant. Si Julie fait un arrêt du coeur, c'est parce qu'elle ne pouvait pas continuer à vivre sans enfant. Je ne pense pas que c'est un hasard si Ismaël rencontre ensuite un garçon. Ismaël tombe amoureux de quelqu'un qui ne peut pas faire d'enfant, quelqu'un de complètement différent de Julie, qui n'empiètera pas sur son amour avec elle. Erwann arrive très rapidement dans la vie d'Ismaël. Le désir et le rire font fi de la mort...

Même en plein coeur du drame, vous faites planer un souffle de légèreté sur votre personnage...

La scène de la marionnette dans la cuisine, à la lecture du scénario, me semblait vraiment délicate... Comment arriver à être léger avec la famille de Julie alors que celle-ci vient de décéder ? Le rire n'est pas moral et j'essaye de l'aborder comme un clown. Ismaël vit une tragédie, mais il essaye d'être dans la légèreté, sans pour autant perdre la conscience du drame...

Dans LES CHANSONS D’AMOUR, votre complicité de travail avec Christophe Honoré vous plaçait-elle dans une position particulière ?

On appelle «l'hôte», celui qui reçoit et qui est reçu... Eh bien, j'étais l'hôte de ce film : j'étais reçu par Christophe dans son film et je recevais les autres qui tournaient avec lui pour la première fois. Cette position est plutôt agréable : je laissais la responsabilité des désagréments à Christophe, et en même temps, je me sentais responsable du plaisir.

 

ENTRETIEN AVEC LUDIVINE SAGNIER

Comment êtes-vous arrivée sur le projet de CHANSONS D’'AMOUR ?

Depuis 17 FOIS CÉCILE CASSARD, Christophe faisait partie des gens avec qui j'avais envie de travailler, il était sur ma «liste». On s'est rencontrés par hasard dans un café, et puis mon agent m'a obtenu un rendez-vous... Au début, il hésitait un peu et finalement tout s'est fait très vite. Un mois plus tard, on enregistrait les chansons. Ce film s'est fait dans l'urgence, avec un petit budget, de manière assez légère et impromptue. L'expressionnisme des chansons renforce cette spontanéité, notamment dans la façon d'aborder les dialogues. Les chansons sont suffisamment explicites pour que l'on n'ait pas besoin d'appuyer le jeu. Elles permettent d'être plus direct, de mettre en place une situation sans longue exposition. C'est très agréable de faire un film où la musique est un personnage en lui-même, qui donne l'impulsion des situations. Avant de commencer le film proprement dit, on était déjà dans le jeu, grâce aux chansons qu'on avait pré-enregistrées. On avait chacun notre CD, toute l'équipe baignait dans cette ambiance musicale comme dans une bulle.

Vous aviez une appréhension à interpréter un rôle chanté ?

C'était plutôt un plaisir... J'avais déjà chanté dans les films de François Ozon, et puis ces chansons ne demandent pas une technique incroyable. On ne pousse pas la voix, on est dans quelque chose de très intime. Et l'intimité, ça fait moins peur que la démonstration. Finalement ce n'est pas nos talents de chanteurs qui sont exploités là, ce sont nos talents de jeu et d'écoute, notre précision et notre sensibilité. Le film de Christophe est sur un registre quotidien et naturaliste. C'était dur pour moi au début de me retenir : j'avais envie de marcher en rythme, de danser, de tourner sur moi-même, de bouger la tête ! On entendait la musique au haut-parleur, c'était très difficile de rester statique, de «dérythmer» tout ça.

Chacun réagit différemment à la disparition de Julie...

Ce que j'aime chez Christophe, c'est qu'il n'est pas dans le jugement, notamment vis-à-vis d'Ismaël, qui trouve refuge dans les bras d'un garçon. Jeanne, elle, se flagelle avec les détails matériels. Je la comprends très bien, cette réaction est très humaine, mais sublimée ici par la comédie musicale. Les CHANSONS D'AMOUR fait écho à UNE FEMME EST UNE FEMME. Le film se passe dans le même quartier de Paris, une femme a envie d'un enfant... Godard avait lui aussi une façon très légère de traiter l'adultère, le couple à trois. En surface, les dialogues sont très légers mais finalement, l'histoire racontée est tragique.

Comment s’est passé le travail avec Louis Garrel ?

Louis est devenu un pilier dans le cinéma de Christophe. Il a une aura, une singularité, une liberté dans le jeu et une manière de restituer son époque qui n'est pas artificielle. Il est dans un décalage jubilatoire à regarder. Face à lui, j'étais dans le cinéma que j'aime.

Christophe Honoré a une façon particulière de travailler ?

Il est très détendu et consacre énormément de temps aux acteurs. Il y a une complicité entre lui et les acteurs, il aime bien les toucher, se mettre à leur place, se mettre dans leurs marques, on a l'impression d'être un peu en fusion avec lui. J'aime bien quand le metteur en scène est le double de ses acteurs, qu'il est avec nous en train de jouer.

La famille de Julie est très présente...

J'aime beaucoup cette scène où toutes ces soeurs sont allongées sur le canapé avec le père, qui est comme un gros matou avec ses petites poulettes. Dès la lecture du scénario, j'avais l'impression de connaître cette famille. Il y avait quelque chose d'évident. Christophe a un sens du dialogue absolument dément. Il a de l'humour, un sens du détail et des connivences. J'adore le personnage de la petite soeur (Alice Butaud). Elle a un cynisme incroyable, elle est détachée, c'est un peu la gamine que j'aurais pu jouer avant.

On peut entendre la fin d’un coeur trop agité ?

Julie s'est attachée à Alice mais elle a aussi envie d'avancer dans son couple. Profondément, je crois qu'elle est dans une forme d'abnégation, elle vit ce schéma à trois pour faire plaisir à son homme. Il y a de la dévotion dans son personnage. Julie a une haute vision de l'amour, et elle attend que son homme fasse pareil. Ce qu'elle n'a pas compris c'est que les hommes sont égoïstes ! Le film ne raconte pas l'égoïsme d'Ismaël mais en filigrane pourtant, il pose la question : «Pourquoi moi je te donne tout ce que j'ai et pourquoi toi, tu ne me donnes pas tout ton amour ? Pourquoi tu ne me dis pas que tu m'aimes, pourquoi tu ne me dis pas que tu veux des enfants, pourquoi tu tournes autour du pot et pourquoi tu ne me dis pas ce que je veux entendre ?» Julie attend quelque chose de durable, elle lutte contre les amours passagères, elle a une vision assez classique de l'amour. Parfois on meurt sans cause, c'est toute la brutalité de la vie... Ce que j'aime dans le film, c'est que le couple à trois n'est pas conçu comme une forme de libertinage ou de transgression. Le cinéma de Christophe n'est pas dans la subversion, il est dans l'acceptation de ce qui peut arriver. Ce qui est un peu symptomatique de notre époque, qui essaye de se laver des années Sida, de se déculpabiliser vis-à-vis du sentiment amoureux. À cet égard, le personnage d'Erwann est magnifique : c'est l'ange de la rédemption.

ENTRETIEN  AVEC  CHIARA MASTROIANNI

Vous connaissiez le cinéma de Christophe Honoré avant de jouer dans LES CHANSONS D'’AMOUR ?

J'avais vu et beaucoup aimé DANS PARIS, notamment la chanson entre Romain Duris et Joana Preiss, qui était mon moment préféré. Quand il m'a présenté le projet des CHANSONS D'AMOUR, je ne pouvais qu'être enchantée qu'il pousse plus loin l'expérience de la chanson dans un film. J'aime la spontanéité de Christophe. Il est timide et audacieux à la fois.

Pour vous, qu'’est-ce que la chanson permet d'’exprimer dans le film ?

Déjà, elle permet de s'amuser ! La chanson a une dimension très ludique. Même si on ne peut pas dire que j'interprète la chanson la plus joyeuse du film !... Jeanne parle peu, c'est un personnage assez renfermé. Dans la chanson «Parc de la Pépinière», enfin, elle peut s'exprimer. Christophe tenait à ce que ce moment soit dramatique. Il m'avait dit que si je pleurais, ce ne serait pas plus mal... Je trouve très beau que Christophe ait voulu passer par le chant pour raconter cette histoire douloureuse. La chanson est une bouffée d'air qui allège la peine des personnages. La chanson ne se prend jamais au sérieux.

Malgré votre expérience de chanteuse, vous aviez peur de ces moments chantés ?

Oui, j'avais peur. J'ai toujours peur de toutes manières ! Mais ma peur était stimulante, pas du tout paralysante. Je ne suis pas sûre que mon expérience de chanteuse m'ait vraiment servie car c'est très différent de chanter seule dans un studio et d'être filmée en train de chanter. Mais j'étais encouragée par mon amour de la comédie musicale, de Minnelli à Jacques Demy. Et puis Christophe dédramatisait l'enjeu de ces scènes chantées. Il les abordait simplement, sans en rajouter. Il «banalisait» presque son projet pour ne pas nous intimider.

Vous aimez les chansons d’'amour ?

Evidemment, surtout les tristes ! Je suis très bon public.

Jeanne, votre personnage, est peut-être celle dont la tristesse est la plus grande quand Julie s’en va. Par opposition à Ismaël ou Alice, son chagrin la cloue sur place...

Jeanne n'a pas une vie personnelle très remplie. Alors forcément que la tristesse y prend beaucoup de place quand elle perd sa soeur. Jeanne a moins de ressorts que les autres. Ce deuil arrive très tôt dans sa vie, trop tôt... Surtout, la mort de Julie reste inexpliquée, comme si le destin était venu frapper à la porte de cette famille. D'où le sentiment de culpabilité de Jeanne : pourquoi est-ce Julie et non pas elle qui est morte ? Jeanne porte la culpabilité de celle qui reste. Ismaël rebondit mieux. Le deuil de Julie le chamboule et le recadre en même temps, l'oblige à se ressaisir, à se réveiller. Il est animé d'une pulsion de vie.

Julie subit un «arrêt du coeur». Symboliquement, croyez-vous qu’'on peut mourir de trop souffrir sentimentalement ?

Oui, je pense qu'on peut mourir à cause de ses sentiments, se laisser mourir. Cela arrive bien aux animaux, alors pourquoi pas aux hommes ?! J'aime le film de Christophe aussi pour ça : il assume de raconter une histoire d'amour, au premier degré, sans snobisme.

En faisant ce film, pensiez-vous aux PARAPLUIES DE CHERBOURG, au rôle qu'’avait tenu votre mère?

Pas du tout. Christophe n'avait d'ailleurs pas évoqué cette référence. C'est seulement en voyant des photos de tournage de Ludivine dans son petit manteau blanc que j'y ai pensé. Mais à la lecture du scénario et sur le tournage, pas du tout. Ce film s'est fait de manière très spontanée, dans des conditions très légères. Christophe a monté son film très vite, il voulait saisir un instant de vie. J'ai l'habitude de ces petits films produits par Paulo Branco et cette économie de moyens ne me gêne pas. Du moment que le metteur en scène peut faire le film qu'il veut, tant qu'il y a assez de pellicule !       

(BANDE ANNONCE 2007)

Voir les commentaires

APRES LUI de GAEL MOREL avec DENEUVE (B.A.)

Publié le

APRES LUI (2007)

de Gaël MOREL (A TOUTE VITESSE, LE CHMINS DE L'OUED, LE CLAN)

avec Catherine DENEUVE, Elodie BOUCHEZ, Guy MARCHAND,

Eli MEDEIROS, Luis REGO et Thomas DUMERCHEZ

L'HISTOIRE : 

Désemparée après le décès de son fils dans un accident de voiture, Camille se prend d'affection pour Frank, le meilleur ami du défunt, responsable de la tragédie.

PHOTOS DE TOURNAGE PROFESSIONNELLES

Catherine Deneuve et Gaël Morel. Philippe Quaisse

 

Voir les commentaires

LA DISPARUE DE DEAUVILLE de et avec Sophie MARCEAU avec Christophe LAMBERT - Simon ABKARIAN - Robert HOSSEIN

Publié le

LA DISPARUE DE DEAUVILLE

de Sophie MARCEAU (L'AUBE A L'ENVERS - PARLEZ MOI D'AMOUR)

avec Sophie MARCEAU - Christophe LAMBERT - Nicolas BRIANCON - Simon ABKARIAN - Robert HOSSEIN - Marie-Christine BARRAULT - Judith MAGRE - Marilou BERRY - Laure DUTHILLEUL - Firmine RICHARD

L'HISTOIRE : 

Victoria, une actrice célèbre en son temps, à l'aura et au charme saisissants, est morte il y a trente ans dans des circonstances troublantes. Elle réapparaît mystérieusement dans la vie d'un flic solitaire, Jacques, enquêtant sur une disparition, au coeur d'un palace de Normandie...
Que veut cette femme comme surgie d'une autre époque ? Pourquoi a-t-elle choisi Jacques ? Quels secrets se cachent derrière le luxe de ce palace ?

Sophie Marceau et Christophe Lambert. Nat Eno / Iliade & Films

NOTES DE PRODUCTION

Scénariste, réalisatrice et comédienne, Sophie Marceau raconte : " Un matin, pendant le tournage du film de Diane Kurys, JE RESTE, nous étions avec Charles Berling et Vincent Perez au maquillage, dans l’hôtel Normandy, à Deauville et c'’est là que j'’ai eu l’idée d'’une intrigue qui aurait pour cadre un palace. Je m'’intéresse beaucoup aux histoires humaines, aux destins, et je suis partie sur une histoire de famille. Ce qui m'’a attirée, c'’est l’'envie de raconter la vie des gens, multiple, unique et à la fois universelle. L'’hôtel permettait de réunir des gens qui ne se croiseraient jamais ailleurs, le long de couloirs mystérieux, avec autant de vies que de portes. Imaginer ce qui pouvait se dérouler derrière chacune était passionnant. "

Oury Milshtein, producteur du film, raconte : " Je connais Sophie depuis quelques années, j''’étais directeur de production sur son premier film. Nous étions évidemment intéressés lorsqu’'elle est venue nous présenter son projet. Quand elle nous en a parlé plus précisément, c'’est devenu encore plus prenant. "

Sophie Marceau explique : " Trois personnes arrivées à un tournant de leur vie doivent régler des comptes. Il est question de leurs parents, de l’'amour qu'’ils ont reçu ou dont ils ont manqué, des mensonges et des vérités avec lesquels ils ont vécu depuis si longtemps. Sans se connaître, ces trois personnages se retrouvent à raconter la même histoire, à s’entrecroiser. C'’est une quête au rythme d’un thriller. Je ne désirais pas faire un film psychologique où ça parle tout le temps, j'’avais envie d’'action. J’aime que les choses aillent vite, que ça bouge, et le thriller permet d’aborder tous les sujets en y ajoutant le plaisir cinématographique, quelque chose qui soit jouissif à filmer et proposer au public. Le film est aussi une course-poursuite, un chassé-croisé entre ces gens qui se courent après. Tous cherchent quelque chose, ils n'’imaginaient pas ce qu'’ils vont trouver... "

Ariane Guez, productrice, commente : " Dès le départ, il était clair que le climat serait différent de ce que l’'on peut voir d’'habitude. Sophie associait des ingrédients que l’'on voit rarement ensemble. On percevait la dimension psychologique, mais étroitement liée à un rythme de film d'’action avec des rebondissements qui enflamment, comme ceux que l’'on trouve dans les feuilletons de Dumas, le tout avec un ton vif très actuel. "

 

 

A LA CROISEE DES VIES ET DES GENRES

Sophie Marceau se souvient : " L'’intrigue est partie de choses assez loin de moi, mais au bout du compte, je me suis aperçue que quand on raconte une histoire qui n’'est pas la sienne, l’'inconscient se lâche beaucoup plus et que l’'on aborde finalement des choses peut-être encore plus intimes. Quand on parle de soi, on fait toujours des demi-mensonges. "

Elle ajoute : " J’'étais surtout sur les personnages du fils héritier et de la fille, mais il en fallait un troisième, un point de vue extérieur pour donner du recul et être subjectif, ou objectif d’'ailleurs. C'’était le personnage du flic, qui s'’est imposé comme le protagoniste principal du film. C'’est un peu l'’innocent qui vient mettre son nez où il ne fallait pas et qui va révéler les choses, et les gens à eux-mêmes. "

Oury Milshtein précise : " Le script de Sophie était énorme, très dense, très long. Nous lui avons présenté Gianguido Spinelli. Les références de Sophie étaient assez hitchcockiennes et ce qu'’écrit Gianguido, toujours très à tiroirs, est assez idéal pour un thriller. Tout en travaillant sur d'’autres projets, ils ont écrit ensemble pendant trois ans. Jacques Deschamps, que j’'avais rencontré sur SANS TOIT NI LOI, a beaucoup d’humour. Il a apporté un recul, une distance vis-à-vis du projet de Sophie. Du coup, on est arrivés à un équilibre entre quelque chose de grave et des moments plus légers. De façon anonyme, nous avons ensuite donné ce projet à cinq ou six lecteurs dont nous souhaitions le regard extérieur. L'’une des lectrices, Rania Meziani, en avait tiré une analyse très fine et elle est venue nous rejoindre. "

Sophie Marceau reprend : " Mes auteurs et moi étions complémentaires, eux étaient plus dans la structure. J'’ai eu besoin de Gianguido, Jacques et Rania qui est venue ensuite, parce qu'’ils avaient cette faculté que je n'’ai pas d’'analyser et de construire. Ils ont complètement respecté mon univers et m'’ont aidée à le concrétiser sur le papier. Les rapports entre les gens, leur histoire et leur psychologie, sont restés, mais nous les avons souvent bousculés pour les besoins du thriller. C'’est un film qui se passe sur quatre jours, pratiquement 24 h sur 24, ça va vite. En quatre jours, ce sont quarante ans de vie qui refont surface. C'’est une conjonction de destins. "

Ariane Guez commente : " Ses personnages étaient remarquablement sentis. Ils existaient, sans cliché, avec leurs contradictions, comme des gens réels dont on aurait raconté l'’incroyable histoire vraie. Aucun d’eux n’était une caricature. Les monstres avaient une âme et les condamnés avaient une chance. "

Sophie Marceau confie : " Pour moi, la dualité est une composante de la nature humaine. Tout le monde existe entre deux, comme une oscillation entre les extrêmes, et c’'est ce mouvement-là qui est la vie. Chaque individu porte en lui le bien, le mal, le noir, le blanc, les contraires… C'’est un film de contrastes, qui balance entre nos limites. Il est aussi question d’équilibre, parce que dans le balancement, c'’est une notion que l’on retrouve aussi. On ne peut réduire personne à une seule chose. J’'aime explorer cela. "

 

CEUX QUI ONT RENDEZ-VOUS AVEC UN SECRET

La scénariste et réalisatrice confie : " Lors de l’écriture, je n’'ai imaginé aucun acteur dans un rôle. Je voulais vraiment écrire des personnages. Il était important qu’ils existent par eux-mêmes avant d’'être incarnés. Une fois qu'’ils sont écrits, on essaie de provoquer la rencontre entre l’'acteur et le rôle, et c'’est encore une fois une question d’instinct. Si l'’acteur que vous sollicitez s’'approprie le rôle, s’il vous en parle de façon convaincante, cela signifie qu’il s'’est projeté dans le personnage, et c’'est une grande part du travail qui est accomplie. "

Sophie Marceau se souvient : " Pour le rôle principal, Christophe Lambert est apparu comme une évidence. Je me trouvais avec mes deux producteurs dans le bureau de Dominique Besnehard. Sa photo était sur une étagère et en la voyant, on a tous eu le déclic. Sans un mot, on s’'est juste regardés : c'’était lui, aussi simplement que ça. On lui a envoyé le scénario et il a répondu très vite et très favorablement, avec de vrais arguments. Il avait une façon de parler de l’'histoire qui lui était presque personnelle. Il s’'est complètement approprié le rôle. Il est devenu Jacques à part entière. J’'avais vu peu de choses de lui, c'’est quelqu'’un de très particulier mais je ne le connaissais pas. Il est venu au personnage avec son histoire, toute sa vie, son expérience. Quand il incarne, tout devient fragile, vivant, complexe, passionnant parce que l’'on découvre la personne en même temps que le personnage se construit. "

La réalisatrice confie : " Nicolas Briançon a été la cerise sur le gâteau. C'’est Oury qui a eu l'’idée de Nicolas. Il m’'a montré le film de Cédric Kahn, L'’AVION, dans lequel il jouait pourtant un personnage complètement opposé à ce que nous cherchions, et j'’ai senti son potentiel. Il a tout de suite été ému par le personnage, ce qui n’'était pas évident parce que c'’est un être ambigu, très doux, délicat, et les acteurs ont souvent peur d’'abandonner le registre viril… Nicolas a eu envie d’'entrer dans cette histoire à travers Camille. Nous avions déjà commencé le tournage depuis deux jours quand il est arrivé, et il est formidable ! "

Oury Milshtein ajoute : " Nicolas vient d'’un univers de films d'’auteur qui m’est assez proche. Au fur et à mesure que nous lui parlions de ce personnage assez efféminé, très différent de ceux qu'’il avait déjà incarnés, il s’'en imprégnait littéralement. Il était Camille. C'’était un choix idéal. "

Sophie Marceau se souvient : " J'’avais remarqué Simon Abkarian au théâtre, il y a longtemps. Il m’'avait profondément émue. C'’est un acteur magnifique et j’'avais envie de travailler avec lui. Lorsque je lui ai proposé le rôle de Pierre, j'’ai rencontré quelqu’'un que j’'avais l'’impression de connaître, fidèle à ce que j’'avais imaginé de lui. Les acteurs sont des enfants, quand on leur tend un rôle, un jouet, ils en ont envie, s'’enthousiasment, et s'’y glissent avec bonheur. C'’est ainsi que cela s'’est passé avec Simon et c'’était fantastique. "

La réalisatrice explique : " Le personnage d’'Antoine s'’est fait désirer. C'’était l’acteur le plus difficile à trouver. Antoine est un personnage difficile, intense, violent et pourtant beau. Il est dans le contraste le plus extrême. Je ne trouvais tout cela chez aucun acteur. C’'est Valérie Trajanovski, la directrice de casting, qui a eu l'’idée de Robert Hossein. Je suis allée le voir. Face à lui, je n’'avais plus aucun doute, il avait la puissance et l’'humanité du rôle. C'’était lui. Il avait même un costume identique à celui que j’'avais décrit dans le scénario, c'était un signe ! "

Sophie Marceau confie : " Marie-Christine Barrault est la première à qui j'’ai pensé pour le rôle de Mélanie. Mais souvent, quand les choses paraissent trop évidentes, on se méfie et on essaie de prendre d'’autres chemins… J'’ai donc envisagé d'’autres personnes, mais je restais toujours avec son image à l’'esprit. J’'ai décidé d’'aller la rencontrer et tout s’'est passé de façon très spontanée. Elle a répondu très favorablement au film, et elle est remarquablement convaincante dans le personnage. Son rôle n’'était pourtant pas évident. Elle devait, tout en étant privée d’'une partie de sa gestuelle, faire ressentir le conflit et les sentiments extrêmes qui la rongent. Pour cela, il faut une grande comédienne. "

La réalisatrice poursuit : " Judith Magre m’a complètement séduite. Je la connaissais du théâtre. La duchesse est un personnage qui amène beaucoup de drôlerie et de tendresse. On ignore si elle existe vraiment, c’'est un personnage un peu évanescent, peut-être un fantôme. Lorsque j’'ai rencontré Judith, j'’ai trouvé chez elle toutes les qualités dont j’'avais rêvé pour le rôle : le charme, l’'humanité, une jeunesse de coeœur et un côté pétillant. C'’est une immense dame de théâtre qui a fait beaucoup de choses dans sa vie. Elle a cet esprit vif, elle apparaît, elle disparaît, hop ! Elle est légère, c'’est un peu la fée Clochette de cette histoire ! "

Sophie Marceau observe : " Dans tous les films où j'’ai vu Marilou Berry, elle impose quelque chose de très présent, de très fort. J’'ai aussi eu cette impression en la rencontrant la première fois. Si elle décide que vous ne partez pas du rendez-vous, vous restez ! Elle a cette énergie. Son personnage est en tandem avec celui de Simon, qui est un type grand et fort. A côté de lui, il fallait quelqu'’un qui existe, parce que ce sont deux flics, qui forment une équipe. Ils sont tout le temps ensemble. Il fallait deux personnalités qui font la paire mais ne se dévorent pas l'’une l’'autre. Ils devaient en plus imposer leur personnage en peu de temps. Marilou était capable de tout cela à la fois. "

 

UNE SEULE FEMME POUR TANT DE VISAGES

Sophie Marceau explique : " Dans mon 1er film, PARLEZ-MOI D’'AMOUR, je n’'avais pas joué, et pour ce film-là, au départ, je ne souhaitais pas être devant la caméra non plus. Tout le monde me disait qu'’il était dommage que je n’'y joue pas. Il y avait bien un rôle, mais qui n’'était pas très développé. Un jour, inévitablement, ce personnage s’'est mis à exister vraiment, il s’'est mis à raconter quelque chose. Jusque-là, j'’avais occulté son aspect mystérieux et il a bien fallu s’'y atteler parce que cela manquait dans le scénario. Je n'’ai pas pu résumer ce personnage féminin en un seul, il est donc devenu deux, un personnage dans la dualité, la double identité. "

L'’actrice confie : " Il y a en fait presque trois personnages : la Victoria de l’'époque, la Victoria vivante, et Lucie. Le cheminement vers le rôle s’est fait à travers une maturation qui a duré pendant toute la phase d’écriture. J’'ai du mal à expliquer le métier d’'acteur parce qu’il est d'avantage dans l’'émotion, le non-dit, le ressenti. J’'admire ceux qui travaillent un personnage, qui sont capables de se mettre une bosse dans le dos et d’'accomplir une performance. Je ne suis pas certaine de faire partie de cette catégorie d’'acteurs. Moi, je suis le personnage ou je ne le suis pas. Cela peut paraître un peu limitatif, mais mes personnages, je les prends comme ça, comme un fruit sur un arbre, et j’ai aussi envie de faire confiance au metteur en scène, qu'’il me guide. En l’'occurrence, cela me manquait un peu parfois. "

Ariane Guez commente : " Tout le monde salue le talent avec lequel Sophie cumulait les responsabilités sur ce film, mais sa performance d'’actrice est à elle seule exceptionnelle. En fait, elle joue plus que Lucie et Victoria. Elle joue Lucie qui joue Victoria. Dans toutes ses scènes, sous le fascinant masque de ce fantôme d'’actrice, elle parvenait à faire sentir la fragilité et les craintes de Lucie. C'’était impressionnant. Elle avait une maîtrise intuitive absolue des deux rôles. "

Sophie Marceau reprend : " Victoria et Lucie, j'’ai l’'impression de les connaître un peu. J'’ai écrit ces personnages, ils ne sont pas complètement étrangers à ce que je suis. Même si ce n'’est pas du tout un film sur le cinéma, Victoria est une actrice et Lucie est obligée de jouer quelqu'’un d’'autre… Ce sont des femmes très proches de ce que je suis. Je m’'en sens plus proche dans la situation que dans le caractère. L'’acteur a la responsabilité d'’incarner, pas de raconter l'’histoire. Si on demande à un acteur de raconter l’histoire, c'’est qu’'il y a des manques dans le scénario ou dans la mise en scène. "

 

LE TOURNAGE

Sophie Marceau explique : " Jouer et mettre en scène sont des choses contradictoires mais complémentaires. Je dis souvent que le metteur en scène devrait être un peu acteur, il comprendrait pas mal de choses ! Et les acteurs devraient imaginer ce que c'’est d’être metteur en scène… C'’est un aller-retour assez salutaire pour perfectionner chacune des deux fonctions. "

" Je prends beaucoup de plaisir à réaliser. J'’ai le souci du bien faire. Mes parents m’'ont appris cela. Il y a une phrase de Matisse que j'’adore : il disait " Ce que j’'avais à faire, je l'’ai fait de mon mieux ". Je trouve cela magnifique. Pour moi, c’'est tout ce qui compte. Au moment où je fais les choses, j’'essaie vraiment de les faire au mieux, d’'être totalement concentrée dessus. "

Oury Milshtein commente : " Etre à la fois actrice et réalisatrice est bien entendu une tâche exceptionnellement lourde. Mais Sophie est solide. A la mise en scène, elle sait faire ses choix sans se perdre dans de fausses questions. Elle ne s'’éloigne jamais de l’'essentiel. Le film aborde la dualité, la capacité à changer de personnalité, et le fait que ce soit également la situation de Sophie sur ce projet est un plus. Sur un film de cette ampleur, la difficulté est de ne jamais perdre le fil, de garder le propos initial car c’est un film long, avec soixante jours de tournage, beaucoup d’'acteurs, de décors et de cascades. "

Oury Milshtein explique : " Je fabrique des films depuis vingt-cinq ans. C’'est ce que j’'aime. Un peu comme au jeu d’'échecs, j’'aime que certaines choses deviennent réalité parce qu’on en a rêvé, qu’on y a réfléchi pour qu’'elles prennent forme et vie. Mais aller chercher l’'argent n’'est pas drôle. Là, nous avons eu de la chance parce qu'’il s’agit de Sophie. Quand on appelle de sa part, on vous répond et c’est déjà pas mal. Certains producteurs ont plus de mal pour faire leur premier film. A nous de tenir la route ! "

Il poursuit : " Je suis à l’'écoute, présent pour aider Sophie si elle en a besoin. Elle a parfois des doutes ou simplement besoin de parler. C'’est particulièrement vrai pendant la préparation. Après, l’'opérateur, la scripte, les comédiens, prennent leur place et cela devient de plus en plus fusionnel. Alors je m"’efface. Je suis tous les jours sur le tournage, pour tous les plans car c’est là que les choses se fabriquent et se gravent. En préparation, à l’écriture, on peut changer une scène ou un décor. Au tournage, ce qui est là est là et il faudra faire avec. Même si je n'’ai pas grand-chose à faire sur le plateau, je préfère être là si qui que ce soit a besoin d’'un regard ou d'’une parole. Ensuite, c’est encore une autre forme de fabrication. On a passé trois ans à écrire, quatre mois à préparer, six mois pour la postproduction, et le tournage en lui-même ne dure que trois mois ! C'’est court, c’est dense – autant y mettre toute son énergie. Je ne suis pas d’'accord avec les producteurs qui disent qu'’ils n’ont rien à faire sur le tournage. Si c'’était vrai, je ne produirais pas de film. Par contre, je peux comprendre que la présence du producteur angoisse le metteur en scène. Pour moi, être là c’'est accompagner le film, être complice avec le metteur en scène. "

Ariane Guez commente : " Voir Sophie travailler est étonnant. Elle est calme, elle s'’investit dans chaque point avec une implication maximale. Elle est remarquablement claire, l’'équipe est très soudée et elle a su établir un lien quasi affectif avec chacun. Sophie suscite cela. On a envie de l’aider, elle motive énormément les gens. "

La réalisatrice reprend : " Tout m'’intéresse, le jeu des comédiens, le cadre, tout, mais il y a des choses que je ne sais pas faire. Ce sont les détails qui permettent d'’exprimer une pensée. Ce que chaque spectateur va saisir dans une scène –le cri d’une mouette, ou bien un acteur qui pleure –doit aller dans le même sens. Pour moi, ce tout, cet objet rond qu’'est le film, est fait d’'une multitude d’éléments dont aucun n’est anodin. Même ce que vous oubliez vous révèle. Tout signifie quelque chose. Au cinéma, vous avez tellement de détails à aborder pour construire l’'ensemble que rien ne doit être laissé au hasard. J’ai envie que tout concoure à raconter ce que j’ai imaginé, toujours dans une volonté de clarifier les choses. Il est déjà tellement difficile de s’exprimer qu'’il faut utiliser tout ce qu'’on a sous la main pour tenter d’y parvenir. "

Sophie Marceau : " Nous avons tourné onze semaines, c’'était un tournage long et dense. Je souhaitais un film assez découpé, ce qui multipliait les plans. J’'étais heureuse d’'aller sur le plateau le matin, j’'étais gourmande de toutes les scènes."

Oury Milshtein commente : " Chaque élément du film porte la marque de Sophie, de son univers. Elle a teinté chaque aspect, des décors au travail avec les acteurs en passant par les choix de cadre, le rythme de montage ou le mixage. C'’était déjà le cas pour son premier film mais cette fois, le rythme est plus vif, avec plus d'’humour, des poursuites, de l'’action… "

Sophie Marceau confie : " Actrice ou réalisatrice, les deux font partie de ma vie. Je trouve mon compte dans les deux je dis deux, mais pour moi c'’est une même chose. Le métier de réalisateur est venu de celui d’'acteur, parce que quelque part sur les plateaux, j'’ai toujours été très observatrice de ce qui se passait, proche de la mise en scène."

DEUX MONDES POUR UN UNIVERS

Sophie Marceau raconte : " L'’histoire est née au Normandy, et bien que nous ayons aussi vu d’'autres hôtels, elle y est revenue ! Pourtant, sur ce seul lieu, il manquait le mouvement. Ce palace a vraiment trouvé sa raison d’'être le jour où Le Havre est devenu l'’autre décor de l’'histoire. Il fallait faire la balance, le pendant entre Camille et Jacques, entre le Normandy et Le Havre. D'’un côté il y a Deauville, le luxe, le velours rouge, les ambiances confinées, enfermées, les gens dans le silence, où les choses ne se disent pas, et de l'’autre on trouve Le Havre, la ville ouvrière, traversée par les vents, où tout est vivant, vrai. Entre les deux, le pont de Normandie est comme un trait d’'union. Le Normandy existe parce qu'’il y a Le Havre et vice-versa. Ce sont deux univers assez opposés. Le flic vient d’'un monde plus dur, mais le Havre est aussi une ville où les gens travaillent ensemble, où on trouve quelque chose de très communautaire, de très chaleureux. C’'est une ville sublime de beauté, très cinématographique. Face aux containers et aux docks, les planches et le glamour de Deauville… Cela correspondait tout à fait au film. "

La réalisatrice confie : " J'’ai envie que le spectateur s’amuse, que l’'action le surprenne et que les sentiments lui parlent. L'’histoire ramène à l'’intime, mais il y a plusieurs lectures possibles de ce film. En invitant les gens dans la salle, je souhaite que l’'on puisse se dire qu’'on est tous ensemble, qu’'on va partager un moment, qu'’il y sera aussi question de nous. On va se faire des confidences, on va s'’amuser. Si on écrit, si on fait ce métier, quoi que l'’on fasse dans la vie, c'’est souvent parce que l’'on a un besoin vital d'’exprimer, de partager. "

 

 

JACQUES par Christophe Lambert

Ce qui m’'a d’'abord frappé en découvrant le scénario, c’'est la qualité d'’écriture et la construction de l’'intrigue. On s'ent que ce n’'est pas le genre de script écrit en six mois. L'’histoire est atypique, le mélange des genres passionnant, on se trouve embarqué dans un vrai thriller avec une dimension plus profonde, beaucoup plus intime. Il y avait quelque chose d’hitchcockien. On tourne les pages en se demandant constamment ce qui va se passer, comment le personnage du flic se sortira de cette situation, comment il arrivera à prouver q'u’il n’est pas fou.

Je ne connaissais pas Sophie Marceau. Ni elle ni moi ne donnons dans les mondanités, il y avait peu de chances que l’'on se croise avant d’'avoir un projet commun. J’'ai fait une lecture avec elle et nous avons tout de suite été sur la même longueur d’onde. Elle avait une vision du film et du personnage extrêmement précise. J’aime les gens qui savent où ils vont, ce qu'’ils font, ce qu'’ils demandent et qui savent expliquer.

J’incarne Jacques, un homme perdu qui pense qu’il est encore flic alors qu'’il ne l'’est plus. Il a un côté extrêmement sensible, à fleur de peau, sans pourtant se plaindre. Il garde sa douleur pour lui. J'’ai toujours admiré ces gens-là dans la vie.

Jacques a un fantôme dans sa vie, et cet autre fantôme qu’'est Victoria va l’aider. Il n'’y a pas de coïncidence. Les rencontres se font parce qu'’elles doivent se faire. Avec elle, il va peu à peu retrouver la vie qu'’il a perdue. Au début, il a juste assez de force pour ne pas se flinguer et puis à travers cette enquête, il va se reconstruire. C'’est un personnage torturé, avec un côté naïf, et même assez gamin parfois. Victoria est son ange. Elle passe dans sa vie comme une bouée dans un naufrage. Il va s'’y accrocher.

J’'adore être dirigé et Sophie le fait remarquablement bien. Elle est aussi pointue sur la direction d’'acteur que sur l’'aspect visuel, et je sais par expérience qu'’il est très rare qu’un metteur en scène cumule les deux qualités. Sereinement, avec beaucoup d'’humanité, elle vous pousse. Elle ne lâche jamais avant d'’avoir obtenu ce qu’elle veut. A partir de ce moment-là, tout devient facile. Je suis malléable et c'’est à mon sens le propre de l’acteur. Sophie m’amène à des choses que je n’'ai jamais faites et après vingt-cinq ans de métier au cinéma et ailleurs, j'’ai envie de cela. Sophie, avec générosité, fait avancer tout le monde.

Je suis impressionné par sa justesse, celle qu’'elle a mis à choisir ses comédiens, celle qu’'elle met à diriger son plateau. Son parcours explique peut-être une partie de cela, mais je crois surtout que sa nature en est la vraie cause. Elle est devenue actrice extrêmement jeune. Elle n’'a pas choisi de profiter d’'une célébrité éphémère parce qu’'un de ses films a fait un succès, elle a sans cesse continué d'’apprendre.

J’'ai abordé les scènes en toute confiance. Souvent, Sophie me laissait jouer comme je le sentais et commentait ensuite. C’'était un tournage intense, plein d'’émotions et d'’action. J’étais fatigué mais au bon sens du terme, cela signifiait que j’avais tout donné. J’'ai connu un bonheur particulier sur ce film et je sais qu'’il ne se répétera pas dix mille fois. Je vais désormais le rechercher, essayer de travailler avec des metteurs en scène qui s'auront me demander des choses avec intelligence et sensibilité. Je serai alors heureux. J'’ai peut-être mis vingt ans pour apprendre cela. J’ai souvent cédé à la facilité mais je suis aujourd’hui arrivé au point de pouvoir réellement choisir ce que j'’ai envie de faire et j’'essaie d'’aller dans une direction qui me rendra vraiment heureux.

J’'étais aussi heureux de retrouver Simon Abkarian. Nous nous étions rencontrés pour un film qui ne s'’est finalement pas fait. Nous avions dîné ensemble avec l’'équipe et puis cinq mois plus tard, Sophie m’'annonce que c'’est lui qui allait interpréter mon pote ! J'’en étais très content ! Je l’'adore car il donne énormément. Simon a un imaginaire, des idées. C'’est un acteur extrêmement carré. Le tandem qu’il forme avec Marilou Berry est aussi surprenant qu'’efficace. Marilou se donne à fond, elle vit tout sans compromis en parfaite harmonie avec les gens qui l’entourent. Elle est simple, droite.

 

CAMILLE par Nicolas Briançon

J'’ai reçu le scénario alors que je jouais au théâtre dans le Sud-Ouest. Je l’'ai lu en une nuit et j’'ai tout de suite eu envie de participer au projet. J’'ai aimé la richesse du propos et de l’action, le fait qu’'on ne puisse pas réduire ce film à un résumé ou une définition simple. C'’est évidemment un polar, mais c’'est aussi une recherche d'’identité de la part de chacun des personnages. Ce film étrange et profond fait résonner nos manques, notre enfance, nos errances. Je ne connaissais pas Sophie avant ce tournage et j'’ai été très étonné de la voir trimballer cet univers-là. Le fait de la rencontrer m’a encore plus donné envie de jouer dans son film. J’'ai été assez impressionné de découvrir avec quelle force Sophie habitait et portait son sujet.

Je joue Camille Bérangère, le fils des propriétaires du Normandy, qui dirige ce palace. C'’est un personnage passionnant, complexe, un merveilleux cadeau pour un acteur. Il est à la fois capable d'’afficher une attitude forte, presque autoritaire, tout en ayant en lui d'’immenses angoisses, des fantasmes et des frustrations. Ce sont ces fêlures qui le rendent attachant. Certains jours, j’'avais presque l’impression de jouer des personnages distincts et en même temps de créer l’'unité en assumant ces différences. C'’est le paradoxe de ce rôle. Dans ce cas précis, vouloir trouver la ligne de ce personnage aurait été une erreur. L'’addition de ces contrastes finit par créer la vérité du personnage. Comme dans la vie, suivant la fonction occupée, le rôle social ou les gens avec qui on se trouve, on peut adopter des attitudes totalement différentes. Chez Camille, cela va très loin ! Il y a quelque chose d'’assez étonnant avec ce rôle. Depuis que j’en parle autour de moi, tout le monde croit y reconnaître quelqu’un qu’il a croisé. La vie va toujours plus loin que ce que l’'on peut imaginer.

Le film ne serait pas ce qu'’il est sans Sophie, sans son esprit, son acuité, sa sensibilité et sa présence. Je suis très heureux de l’'avoir rencontrée. Sophie porte son film de toutes ses épaules, de toute sa tête, de tout son coeœur. Elle insuffle une force incroyable aux comédiens et à l’'équipe technique. Je n’'ai qu’un seul regret, je ne joue pas avec elle !

Un acteur apprend quotidiennement sur lui-même, c'’est l’'aspect exceptionnel de ce métier. Je viens du théâtre et j’'ai eu pendant très longtemps le complexe de " trop jouer ";. Du coup, au cinéma je me suis très souvent réfréné, quitte à adopter un jeu peu expansif. Sophie m’'a poussé à extérioriser. Elle m’a permis de me rendre compte qu’il ne faut pas avoir peur du jeu devant la caméra. C'’est essentiel pour moi.

Je n'’oublierai pas mes premiers jours de tournage face à Marie-Christine Barrault. Elle incarne ma mère, et les rapports avec une maman sont toujours compliqués mais en l’'occurrence, ils le sont encore plus ! Nous avions des scènes fortes, dures, impliquantes et pleines de clés pour l’histoire. Il y avait de la violence, elle n'’était pas physique mais humaine, sentimentale. Sophie m’a porté, poussé, tiré vers ces scènes. Elle a vraiment eu un échange fort avec nous. Ces moments-là me resteront.

Je joue peu avec Christophe Lambert, mais nous avons trois scènes très fortes. J’'ai particulièrement aimé celle qui se déroule dans le commissariat et qui marque le début de la reconstruction de mon personnage. Camille entrevoit alors une lueur dans sa solitude. C'’est un beau moment. Ces trois mois de tournage auront de toute façon beaucoup compté dans ma vie.

 

PIERRE par Simon Abkarian

Le cinéma est un monde de rencontres et le travail est un révélateur. Je ne choisis pas les projets uniquement en fonction du scénario ou du personnage que l’'on me propose. Pour que j’'accepte, le réalisateur et les autres comédiens comptent énormément. J'’épouse tout l'’équipage !

L'’histoire était bien écrite, avec de nombreux rebondissements bien amenés. Voir comment un acteur ou une actrice passe à la réalisation était aussi intéressant. Parfois, certains réalisateurs qui ne sont pas eux-mêmes acteurs ne comprennent pas le langage, les nécessités, les fragilités ou les certitudes des comédiens. Seul un petit nombre d’'entre eux sont de bons directeurs d'’acteurs.

Travailler avec la réalisatrice Sophie Marceau est simple. J'’aime beaucoup être dirigé avec précision. Pour un acteur, être vrai ou juste est assez aléatoire. J’'aime que le réalisateur me permette de jouer toute ma gamme et m’'emmène aussi là où je ne me sens pas bien. Sophie m’a demandé des gestes ou des phrases que je ne sentais pas toujours, et se retrouver dans des endroits qui semblent obscurs rend le travail passionnant. Elle maîtrisait parfaitement son sujet et ne demandait rien au hasard. En avançant avec elle, nous avons construit une relation de confiance, d’estime. Cela n'’est jamais acquis, tout se mérite.

Je joue Pierre, un policier qui est aussi l'’ami de Jacques. Il n’est pas le moteur dans l’intrigue, mais ce qui est intéressant pour moi en tant qu’'acteur c’est justement'd'’arriver à faire exister quelqu’'un qui ne rentre pas dans des grandes émotions ou des grandes problématiques. Pierre essaie simplement de comprendre pourquoi son pote ne va pas bien. Il apporte une composante d'’humanité à Jacques, dont il révèle certaines facettes. Réussir à entrer dans de tels espaces, apparemment plus étriqués, est un vrai plaisir. Pierre a les pieds sur terre. Toujours tiré à quatre épingles, alerte, il incarne une réussite sociale. C'’est lui le héros, et non pas son pote réduit à l’état de loque ! C'’est le héros de cette époque qui ne supporte pas de voir quelqu'’un dans le doute, la maladie ou la dualité. Il veut réveiller son pote pour le ramener à la réalité et le sauver. D'’ailleurs, quoi que je joue, je me dis que c'’est moi le héros ! Si on joue le valet de chambre, il faut jouer le roi des valets de chambre ! J’'essaie de donner de la grandeur à mon personnage, tout en sachant que si je suis un crapaud, je ne serai jamais un bœuf ! Il faut respecter la nature de ce qu’on incarne, tout en l’incarnant avec le plus de noblesse possible.

A mon personnage, je dois donner ce qu'’il demande. Venant du théâtre, j’'ai passé mon temps à me déguiser, à me grimer, à ne pas être reconnu sur scène. Ne pas être reconnu était la reconnaissance même de mon travail ! Ce personnage ne demande pas plus que la silhouette que j'’ai adoptée. Elle raconte déjà beaucoup et doit permettre au personnage d’'être identifié même à contre-jour. Il y a aussi sa silhouette intérieure, définie par l’'écriture. La difficulté n'’est pas dans la préparation ou l’incarnation, mais dans l’'exécution au moment où retentit " Action ". C'’est là que tout se passe. Il faut savoir son texte, écouter ses partenaires.

Avec Christophe, on avance simplement, tranquillement et ensemble. Je suis aussi heureux de jouer avec Marilou. J’'aime son intelligence, son énergie et sa curiosité. Je pense que nous nous recroiserons. Sur ce film, je me souviendrai des gens, des lieux, des rencontres avec l’'équipe. J'’ai déjà retravaillé avec certains d’'entre eux. Je réinventerais bien une histoire avec tous ces gens-là, juste pour les retrouver. Je me souviendrai aussi de la cascade en voiture que j’ai dû faire. Mon modeste exploit consistait à piler et à repartir en marche arrière à la poursuite de Christophe. Pour quelqu'’un qui n’a pas le permis, j’'étais plutôt fier!

ANTOINE par Robert Hossein

Sophie est venue me proposer le rôle, ce qui m’'a touché. Je n’'étais pas très décidé, non pas que le personnage ne soit pas dans mon univers, mais je travaillais beaucoup, et il y avait "Ben Hur".… J’'étais aussi un peu réticent à cause de la scène terrible sur le bateau, avec la mer démontée, et je craignais d'’être malade. Sophie m’a convaincu. Le jour où j'’ai signé, je lui ai dit que j’'interpréterai le rôle exactement comme elle le souhaitait. J’'étais soumis à son regard.

Même s’il est secondaire, Antoine Bérangère, mon personnage, est en grande partie responsable de la situation de beaucoup des protagonistes. C'’est un personnage intéressant, caractériel. Tout l’'enjeu était de ne pas le réduire à un monstre, de lui insuffler un peu d’humanité même dans sa violence. Ce rôle est dans mes emplois. Avant de tomber dans les ANGELIQUE, c'est-à-dire les marqués du destin, romantiques ou désespérés, je faisais des héros hors-la-loi qui étaient aussi romantiques.

Antoine est quelqu’'un de puissant et de désespéré. J’'ai essayé d’'en tenir compte en l’interprétant. Il y a chez lui des choses monstrueuses, mais il a une dimension humaine. Cela vient peut-être plus de la présence que des paroles, de la manière de transporter quelque chose… Quand j'’étais gosse, j’'ai lu une phrase de René Char qui m’a bouleversé. Dans "Les Feuillets d’Hypnos", il a écrit "Pleurer longtemps solitaire mène à quelque chose". Cette phrase m'’a accompagné toute ma vie. Elle est vraie. Elle pourrait s'’appliquer à Antoine.

Sophie et moi sommes tous les deux comédiens. On jouait ensemble dans un film qu’elle réalise. Il y avait une relation sur les deux niveaux. Sur le tournage, Sophie était extraordinairement exigeante, elle me faisait recommencer des scènes, mais elle avait la même exigence vis-à-vis d’elle-même. Elle allait voir le résultat, et si elle n’'était pas satisfaite, elle ne lâchait pas, elle nous corrigeait et se reprenait aussi sans complaisance. J’ai trouvé cela très émouvant. Elle savait exactement ce qu’elle voulait ou ne voulait pas. Je l’'ai écoutée absolument et totalement. Ce qui me touche, c’est sa non-satisfaction d’elle-même, son exigence. Elle est toujours à la recherche d'’amélioration. Cela donne confiance. Pendant le tournage, je lui disais toujours "Oui madame", comme si j’'étais l’'élève à l’école. Après les 100 films que j’ai faits, elle me disait " Un peu moins comme ça, ici il est un peu plus comme ça, là, je préfère ceci… " et moi j’'écoutais, j’'étais au cours. J’'apprenais ! On s'’est très bien entendus. Elle a même fait tourner mon fils, Julien. Il me joue jeune !

Dans son film, je retrouve beaucoup des thèmes qui me touchent. C'’est une histoire humaniste, avec quelque chose de très intime sur les failles, les ruptures. Pour une femme si jeune, Sophie a une connaissance étonnante de la nature humaine. Elle a un don d’observation. Je suis impressionné par le regard qu’elle porte sur les choses, et l’incroyable maturité dont elle fait preuve dans sa perception des êtres. Je suis ravi d’'avoir participé à son projet. Nous avons vécu beaucoup de choses fortes. Je ne m'’imaginais pas à mon âge, me retrouver sur un bateau en pleine tempête pour jouer un personnage pareil ! Même les pilotes voulaient que l’'on rentre à terre tellement les creux étaient grands ! En fait, tout le monde a été malade, sauf Sophie, Christophe Lambert et moi !

 

MELANIE par Marie-Christine Barrault

Bien que n’'ayant fait que croiser Sophie sur un film il y a longtemps, j’'ai une passion pour elle. Je la trouve sublime de beauté, de rayonnement et de chaleur humaine. Son scénario m’a impressionnée. L'’histoire est à la fois très intimiste, avec des enjeux humains forts, le tout mêlé dans un rythme et un suspense de thriller. On est pris par le mystère. J’ai trouvé qu'’il y avait de vraies scènes avec, pour nous comédiens, le temps de faire exister nos personnages.

Mélanie, mon personnage, est à la fois une victime et une complice. Peut-être par manque de courage, elle accepte les faux-semblants et les mensonges qui cernent sa vie. Elle est dans un fauteuil roulant depuis très longtemps. C’est elle qui possède l’hôtel. Son mari est dépendant d’elle mais il la délaisse. Elle tolère ses incartades et a reporté toute son affection sur ce fils, Camille. En quelques jours, elle va craquer et aller au bout de son désespoir. Comme tous les protagonistes du film, elle est poussée à ses extrémités. Si on est pessimiste, on se dit que les personnages tombent tous, si on est optimiste on se dit que c’est peut-être leur seule chance de se relever. La première fois que j'’en ai parlé avec Sophie, j’'ai senti que c’'était plutôt la version optimiste qui 'l’intéressait. Elle ne voulait pas mettre en scène des gens écrasés par la vie, mais au contraire, dire qu’'au-delà de la dissimulation, du non-dit et des vies ratées, il y a toujours une chance de dépasser l’ombre pour gagner la lumière.

J’'aime bien travailler avec des femmes. Ça change la relation. Avec un homme, il y a forcément un rapport de séduction, même si on ne pense même jamais à aller plus loin. Avec une femme il y a une connivence, un compagnonnage… Il y a des choses sur lesquelles on se retrouve, et d’'autres pas du tout ! On est toutefois du même côté.

Sophie est quelqu'’un pour qui j'’ai une immense sympathie depuis toujours. Cette petite fille est apparue dans le cinéma, et elle a grandi, mûri devant nous, elle a appris la vie. On l’a vue éclore, c'’est assez rare, puis évoluer pour devenir une femme. Elle ne s'’est jamais perdue. J’'ai été fascinée par sa précision en tant que réalisatrice, sa capacité à mener chaque acteur au bout de lui-même. Cela tient sans doute en partie au fait qu’'elle est elle-même comédienne. Elle n'’est pas enfermée dans son idée d’une interprétation. Elle a une énergie inimaginable. Même après des semaines de tournage, elle n’'avait rien perdu de son élan.

Sophie a fait une distribution très exigeante. Elle n'’est jamais allée à la facilité et cela sert la richesse de son film et de son propos. Jouer avec Nicolas Briançon était un bonheur. J'’avais joué au théâtre avec lui pendant un an une pièce qui s’appelait " Enfin seul " dans laquelle il était mon fils déjà ! J'’étais enchantée de le retrouver, je l'’aime beaucoup.

Je n'’ai aucune scène avec Robert Hossein qui incarne pourtant mon mari. Sophie souhaitait d’'autant plus que nous formions un couple plausible. Je n'’ai eu que huit à dix jours de tournage mais je n'’avais que des grandes scènes.

Je ne fais plus de cinéma depuis pas mal de temps. Je travaille énormément sur le spectacle vivant. Ma vie, c’'est la scène. Au théâtre, il n’y a pas d’intermédiaire avec le public. Une fois que le rideau s’'ouvre, vous êtes là. J’'aime être physiquement sur scène. Pourtant, malgré le puzzle qu’est un film et tout ce qui peut transformer votre travail, il y a longtemps que je n’'avais pas eu des scènes d’'une densité aussi incroyable. Sophie ne s'’est pas contentée de petites choses, elle m'’en a demandé plus et j’'en étais heureuse.

FRED par Marilou Berry

Avec Sophie, nous avons parlé du projet et elle m’'a donné le scénario. Je l’'ai trouvé assez gonflé, rare dans le cinéma français. Interpréter une flic m’'amusait bien et jouer avec Christophe Lambert et Simon Abkarian me tentait vraiment. Il me semblait que le public aurait envie, tout comme moi, de voir ce film.

La police est un univers où il n'’y a pas beaucoup de femmes et la présence de Fred, mon personnage, est importante, ne serait-ce que pour cette raison. Fred est la partenaire de Pierre, joué par Simon. Leurs relations sont celles d’'un frère et d’une sœur un peu chamailleurs. Plutôt simple, extérieure à la relation entre Pierre et Jacques, Fred sait où elle va et ne se perd pas en méandres. Elle n’'est pas impliquée dans toutes les relations complexes qui lient les personnages. Elle connaît Jacques parce qu'’ils bossent ensemble. Qu'’il passe de l’'autre côté ne l’'empêchera pas de conserver de bonnes relations avec lui. Elle essaye de suivre l’affaire en restant neutre. Cela lui permet aussi d'’être là pour les uns et les autres.

Sophie était sur tous les fronts. Elle a écrit, elle jouait et réalisait. Travailler avec elle est facile, elle ne se perd pas en hésitation. La plupart du temps, je joue avec Simon. Je suis très heureuse de l’'avoir rencontré. Il est très drôle. Il apporte autant d'’intelligence que d'’ambiance. Dans le film, il y a une course-poursuite importante. Elle était assez compliquée à tourner car ni Simon ni moi n’'avons le permis de conduire. Sauf exception, nous sommes doublés par des cascadeurs. Elle est découpée en trois parties, sur trois semaines de tournage - à Paris, au Havre avec le pont de Normandie et sur les routes. C’'est ma première scène de poursuite !

 

Voir les commentaires

KOMMA (2005) avec Arno, Valérie Lemaître

Publié le par ERIC-C

KOMMA

Comédie dramatique franco/belge de Martine DOYEN

avec Arno HINTJENS - Valérie LEMAITRE - Edith SCOB - François NEGRET

L'HISTOIRE : 
Peter De Wit, la cinquantaine, se réveille au beau milieu de la nuit et constate avec effroi qu'il est dans la chambre froide d'une morgue. Comment en est-il arrivé là ? Il ne s'en souvient pas, ne veut pas s'en souvenir...
Sous l'identité d'un cadavre dont il a dérobé le portefeuille, Peter décide de prendre un nouveau départ, de s'inventer une nouvelle vie. Sa silhouette de businessman mature erre dans les quartiers de la ville, glissant avec plus ou moins de brio dans la peau d'un personnage qu'il improvise au gré des situations ; Lars Erickson, un énigmatique homme d'affaires suédois de passage à Bruxelles. Un soir, il tombe sur Lucie, une jeune artiste névrosée qui semble avoir perdu la mémoire.
Presque sans y penser, par un effet de vases communicants, la mythomanie de l'un comble l'amnésie de l'autre et Peter s'offre une place de choix dans la vie de la jeune femme...

Arno.

Voir les commentaires

1 2 3 > >>