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HOT FUZZ avec Simon PEGG, Nick FROST, Martin FREEMAN, Timothy DALTON

Publié le

HOT FUZZ (2007)

Comédie britannique de Edgar WRIGHT (SHAUN OF THE DEAD)

avec Simon PEGG - Nick FROST - Martin FREEMAN - Timothy DALTON - Jim BROADBENT - Steve COOGAN

Affiche teaser américaine. Working Title Films

SYNOPSIS

À Londres, Nicholas Angel est un flic tellement bon que ses supérieurs sont obligés de le muter à la campagne parce qu’il fait de l’ombre à trop de monde.

Et voilà Superpoulet cantonné à Sandford, où il ne se passe jamais rien.

Avec son nouvel équipier, le jeune Danny Butterman, Angel va devoir s’habituer à un autre genre de missions : surveiller les fêtes de voisinage et retrouver les volatiles égarés.

Pourtant, une série d’accidents suspects va éveiller ses soupçons. Tout n’est peut-être pas si tranquille que ça à Sandford...

Pour Angel et son nouveau partenaire, il est temps de reprendre les armes et de tout exploser jusqu’à ce qu’il n’y ait plus que la vérité qui tienne debout...

 

NOTES DE PRODUCTION

En 2004, Edgar Wright et Simon Pegg remportèrent un succès planétaire avec SHAUN OF THE DEAD, une comédie romantique... avec des zombies. Ils en étaient tous deux coscénaristes, Simon Pegg en étant la vedette et Edgar Wright le réalisateur. Le film obtint de nombreux prix dont celui du meilleur scénario aux British Independent Film Awards en 2004, du meilleur film d'’horreur aux Saturn Awards et du meilleur film britannique aux Empire Awards en 2005.

Pour son nouveau film, le duo a puisé dans les souvenirs d’'enfance d’'Edgar Wright. Celui-ci raconte : «J’'ai grandi dans la petite ville de Wells, dans le Somerset. J'’étais fan de films policiers, je pouvais passer des nuits à en regarder. J’'adorais toute la série de L'’INSPECTEUR HARRY, les films des années 60 et 70 comme BULLIT de Peter Yates et THE FRENCH CONNECTION de William Friedkin, et ceux des années 80 comme les quadrilogies de L'’ARME FATALE ou DIE HARD.»

En bon passionné, à l'’âge de 18 ans, Edgar Wright a réalisé un film policier amateur, DEAD RIGHT. Alors qu'’il cherchait un sujet de film avec Simon Pegg après SHAUN OF THE DEAD, il a proposé de faire avec le genre policier d'’action ce qu'’ils avaient fait avec SHAUN OF THE DEAD pour les films de zombies : adapter un genre américain à la sauce anglaise, ajouter une bonne dose d'’humour... secouer et servir.

Edgar Wright explique : «Le crime est très présent dans le cinéma britannique, mais curieusement, peu de films ont des policiers pour héros, et encore moins des policiers anglais en uniforme. Il était temps de remédier à cela. L'’image que les gens, dans le monde, ont des policiers anglais est celle de flics sans armes avec un casque rigolo. Le défi consistait donc à faire un film de genre avec des «bobbies» anglais en uniforme, et d'’arriver à leur mettre un maximum d’'armes entre les mains.»

La solution était de faire un film d’'action encore plus retentissant que SHAUN OF THE DEAD, avec Simon Pegg dans le rôle principal, celui de l’'agent Nicholas Angel. Après avoir parié avec succès sur SHAUN OF THE DEAD, Working Title Films accepta avec plaisir de retravailler avec Edgar Wright et Simon Pegg. Ceux-ci avaient présenté le pitch de leur nouveau film «comme si George Romero avait tiré à bout portant sur Richard Curtis.».. Le développement du film pouvait enfin commencer.

Nira Park a produit HOT FUZZ avec Tim Bevan et Eric Fellner de chez Working Title, avec qui elle avait déjà produit SHAUN OF THE DEAD. Elle avait aussi produit la sitcom «Spaced» de Edgard Wright et Simon Pegg.

Elle raconte : «Le démarrage du projet a été très rapide. Simon et Edgar ont juste parlé de l’'idée de leur film et Working Title Films a accepté immédiatement. Ils ont aussitôt commencé à écrire. C'’était assez différent pour eux car cette fois-ci, ils étaient sûrs de faire le film une fois le scénario terminé. Pour SHAUN OF THE DEAD, après l'’effondrement de FilmFour, nous avons vraiment lutté pour financer le film, il a même failli ne jamais voir le jour. Savoir que Working Title Films était derrière nous depuis le début a facilité les choses.»

L’'écriture du scénario a débuté pour Edgar Wright et Simon Pegg par la rédaction d’une liste de plus de 200 films policiers et par le re-visionnage de leurs préférés. Edgar Wright raconte avec humour : «C'’était sympa de pouvoir acheter des films tout en sachant qu'on allait pouvoir les déduire de nos impôts ! Nous avons pris LES ANGES GARDIENS de Richard Rush, les quadrilogies de L’'ARME FATALE et DIE HARD, 48 HEURES de Walter Hill, LES CASSEURS DE GANG de Peter Hyams, LE DERNIER SAMARITAIN de Tony Scott, POLICE FÉDÉRALE LOS ANGELES de William Friedkin, EXTRÊME PRÉJUDICE de Walter Hill, SUPER FLICS de Gordon Parks, le classique anglais POLICE SANS ARMES de Basil Dearden, POINT BREAK EXTRÊME LIMITE de Kathryn Bigelow, et BAD BOYS 2 de Michael Bay. Nous faisons directement référence aux deux derniers dans le film car ce sont les pièces maîtresses de la collection de DVD de Danny Butterman. Il y a une scène où Nicholas Angel et Danny Butterman regardent BAD BOYS 2, et où une réplique de Martin Lawrence s’'applique complètement à ce qui se passe dans notre film...»

Edgar Wright ajoute : «Nous avons aussi voulu savoir comment se passait la vie des policiers au quotidien. Nous avons discuté avec beaucoup d’officiers à Londres et dans une quinzaine de commissariats de campagne, dans le Somerset, le Gloucestershire et le Wiltshire. C'’était très intéressant, ils ont été d’'une grande aide en nous racontant plein de détails passionnants sur leur métier.»

Beaucoup de ces détails ont été intégrés dans le film, comme cette coutume qui veut que les officiers en retard payent à leurs collègues quelques sucreries.

Ayant collecté quantité d'’anecdotes et d'’informations, le duo a commencé l'’écriture d'’un scénario et d'’une intrigue volontairement tortueuse dans les bureaux de Big Talk, leur société de production londonienne. Gênés par les nombreuses distractions que peut offrir Londres, Edgar Wright et Simon Pegg ont fini par louer un appartement à Wells pour pouvoir terminer leur script...

 

UNE ÉQUIPE À TOUT EXPLOSER

Le tournage devait débuter en avril 2006, alors qu'’il restait encore 56 rôles à distribuer. Malgré cela, le duo est parvenu à réunir un casting aussi impressionnant qu'’éclectique. Bill Bailey avait déjà travaillé avec Edgar Wright et Simon Pegg sur la sitcom «Spaced», alors que Bill Nighy et Martin Freeman avaient tenu un petit rôle dans SHAUN OF THE DEAD. Pour les autres personnages, le casting est allé un peu plus loin. L’'acteur anglais Timothy Dalton joue Simon Skinner, le gérant du supermarché, et Jim Broadbent incarne l’'inspecteur Frank Butterman. Par chance, les acteurs pressentis pour les rôles ont tous été parfaits dès les premiers essais. Simon Pegg explique : «Nous avons toujours en tête quelques acteurs... Pour ce film, j’'ai tout de suite pensé à Paul Freeman qui  joue Belloq dans LES AVENTURIERS DE L’'ARCHE PERDUE de Steven Spielberg, à Billie Whitelaw qui incarne Madame Baylock dans LA MALÉDICTION de Richard Donner et à Edward Woodward qui joue dans la série «L’Equalizer.» C'’est un vrai casting de fan !» Simon Pegg ajoute : «Dans le film, il n'’y a pas que la police à Sandford, il y a aussi la Neighbourhood Watch Alliance, une sorte de comité de vigilance de voisinage constitué par les anciens et qui fourre son nez un peu partout. Tous les habitants de Sandford ont des noms qui se rapportent à de vieux métiers campagnards : Skinner («Tanneur»), Weaver («Tisserand»), etc. Nous voulions donner l'’impression que les habitants de Sandford n'’avaient jamais quitté le village et qu'’ils étaient les descendants des artisans qui l’'avaient autrefois créé. Les deux officiers du CID, Wainwrigth et Cartwright, interprétés par Paddy Considine et Rafe Spall (deux acteurs venant de SHAUN OF THE DEAD), font aussi  partie du paysage, même s'’ils ont un peu plus de recul que les autres. L'’important était de montrer que Nicholas Angel arrivait dans un endroit très replié sur lui-même.» Il n'’y a eu aucune hésitation pour les rôles du duo de policiers Nicholas Angel et Danny Butterman. Simon Pegg et Nick Frost étant dans la vie les meilleurs amis du monde, il était normal que ces rôles leur reviennent. Edgar Wright raconte : «Ils forment un duo comique tordant à l’'écran, des flics comme on en voit rarement ! Danny Butterman apprécie Nicholas Angel dès le début, ce qui n’'est pas réciproque. C'’est une relation qui se construit avec l'’histoire.» Cette entorse au cliché de l’'amitié entre les deux principaux protagonistes résume le «modus operandi» de HOT FUZZ : exploiter les conventions d’'un genre et les retourner. Cette façon de faire s'’applique aussi au personnage de Nicholas Angel.

Edgar Wright explique : «Dans tous les classiques du genre policier, les personnages sont démoralisés ou envoyés ailleurs parce qu'’ils ont des ennuis ou parce qu'’ils ont tué quelqu’'un. Nous avons fait le contraire avec Nicholas Angel. Cet officier est tellement excellent que comparés à lui, tous les autres policiers sont ridicules. Au lieu de lui attirer des félicitations, sa réussite provoque sa mutation.»

Simon Pegg raconte : «Je ne pouvais pas faire mon numéro comique habituel avec ce personnage car ce n'’est pas un crétin. Il est sérieux et concentré tout le temps. On ne le voit pas sourire avant la moitié du film. C’'est un vrai robot ! Dans SHAUN OF THE DEAD, je faisais une version différente de mon personnage de Tim dans «Spaced», ou plus précisément une version plus fidèle de moi-même, mais pour HOT FUZZ je joue complètement autrement.»

Que ce soit dans «Spaced» ou dans SHAUN OF THE DEAD, Simon Pegg et Nick Frost jouent des personnages qui sont amis ou finissent par le devenir. Simon Pegg raconte : «Il était impensable que je travaille sans Nick Frost, et ce depuis le début. Nous sommes liés à lui, c'’est notre arme secrète ! C'’est très facile d’'écrire pour lui, c'’est le mec le plus drôle que je connaisse. Il a beaucoup de talent. Nous formons un très bon duo à l’'écran car notre amitié est réelle, cela facilite beaucoup notre jeu d’'acteurs. Chacun s’appuie sur l’'autre pour aller plus loin et plus fort !»

Bien que Nick Frost n’'ait pas directement participé à l’écriture du scénario, il n’était jamais loin d’Edgar Wright et Simon Pegg et a apporté quelques idées. Nick Frost se souvient : «Je suis arrivé avec ce nom : Danny Butterman. Je leur ai dit que je ferais le film

si je pouvais donner ce nom à mon personnage. C'’est un nom qui m’'est venu il y a longtemps en écrivant. On dirait un peu un nom de Hobbit. Simon Pegg et Edgar Wright ont été ravis de me voir arriver avec plusieurs suggestions.»

Comme pour Simon Pegg, le rôle de Danny Butterman différait beaucoup de ce que Nick Frost avait pu faire auparavant. Fils du chef de la police, Danny est un jeune officier sympathique mais naïf, c'’est aussi un mordu de films d’'action qui rêve de vivre lui aussi un jour quelques aventures.

Nick Frost raconte : «Danny est un personnage plein de vie. Jim Broadbent, qui joue son père, a dit qu'’il n’'avait jamais vu un personnage plus enthousiaste que lui, et c’est aussi mon avis. Danny travaille avec son père dans une petite ville sans criminalité où la seule chose à faire est de porter son uniforme. Il joue au rugby, supporte l’'équipe de foot des Bristol Rovers, sa vie est plutôt cool. Quand Nicholas Angel déboule à Sandford, Danny voit en lui tout ce qu’il rêve d’être. Même si Danny voudrait prétendre le contraire, je crois q'u’il partirait en courant sur un bon kilomètre si quelqu’'un pointait une arme sur lui. C'’était un personnage très sympa !»

 

DE L'ACTION, ENCORE DE L'ACTION

Avec ces scènes de poursuites en voiture, de combats de rue, de fusillades et de courses à cheval, Simon Pegg savait que le film représenterait un défi physique pour lui et les acteurs. Il explique avec humour : «Quand vous écrivez, vous ne pensez qu’'au personnage et à ce qu'’il fait. Quand je me suis retrouvé à l'’agonie parce que je me suis froissé des muscles aux deux cuisses après avoir descendu en courant la rue principale, j’'ai vraiment regretté ! Je me suis traité de tous les noms en me demandant pourquoi j'’avais écrit cette interminable scène de poursuite pour Nicholas Angel ! On ne pense qu’'à ce qui va passer sur l’'écran, on oublie toujours que quelqu'’un va devoir faire ce qu’'on écrit...»

Pour le film, Simon Pegg a suivi un régime alimentaire spécial et un entraînement physique intense avec trois entraîneurs. Pendant le tournage à Wells, Simon Pegg est venu sur le plateau tous les jours en courant les trois kilomètres qui séparaient le plateau de la maison qu’'il avait louée avec Nick Frost.

De son côté, Nick Frost a décidé qu'’un tel entraînement n’'était pas nécessaire pour son personnage. Il raconte avec humour : «Je faisais le trajet en voiture. En dépassant Simon, je lui faisais toujours un petit signe de la main, mais c'’est tout, je ne me suis jamais arrêté pour le faire monter !»

Nick Frost ajoute : «De toute la liste de films que Simon Pegg et Edgar Wright m’'avaient donnés à voir, je n'’ai vu que BAD BOYS 2.

J'’admets que ma préparation a été un peu succincte. Par contre, quand il a fallu se préparer pour utiliser toutes les armes, j’'ai adoré ! J'’aime les armes à feu. J’'adore faire des trucs dingues avec. Je m'’entraîne à faire «héros de film d’action» depuis 25 ans, alors c'’était génial ! J'’ai essayé de faire comme si j'’étais totalement habitué à manier tout ça, mais quand vous avez en main deux pistolets-mitrailleurs, que vous portez un gilet pare-balles et que votre équipier est derrière vous, vous ne pouvez vous empêcher de marcher comme un héros, en faisant votre frime !»

Frost et Pegg étaient tellement contents d’avoir à jouer avec des armes, qu'’ils leur ont même donné un petit nom, «Emma» et «Sarah.»..

 

WELLS, UNE PETITE VILLE PLUS SI TRANQUILLE

Bien que le début du tournage ait eu lieu à Londres, la plus grande partie s’est déroulée à Wells, la paisible ville natale d'’Edgar Wright, située dans l’'ouest de l’'Angleterre. Le réalisateur explique : «Je n’'avais pas l'’intention de tourner là-bas, du moins pas consciemment. Wells est une ville et Sandford, l’'endroit où se déroule le film, est un village. Nous avons donc dû faire en sorte que la ville paraisse plus petite. Même quand j'’ai proposé la ville, je pensais que ce ne serait pas possible de filmer là-bas. Je supposais que ce serait trop coûteux car Wells est une ville très touristique avec une cathédrale et deux marchés par semaine. Nous avons donc fait une reconnaissance de plusieurs villes dans le sud de l’'Angleterre et ironiquement, Wells s'’est révélée être l’'endroit le plus propice pour le film.»

La plupart des membres de l’'équipe de tournage travaillaient ensemble depuis la sitcom «Spaced», l'’ambiance sur le plateau était donc très familiale. Pour les besoins du film, l’'équipe a fermé plusieurs fois l’'accès à la place de la mairie et aux rues environnantes. Plusieurs scènes majeures du film y ont été tournées, parmi lesquelles une kermesse paroissiale avec beaucoup de figurants et des scènes d'’action et de fusillade. La seule difficulté aura été la pluie - Edgar Wright déclare : «C'’est à cause de cela qu'’on ne fait pas de films d’'action en Angleterre...»

Les habitants de Wells ont été très conciliants et ont accepté avec beaucoup de flegme les fusillades et les galopades de Simon Pegg.

L'’équipe a même bénéficié du soutien des comédiens amateurs locaux lorsque les figurants sont venus à manquer.

Edgar Wright raconte : «J’'ai retrouvé beaucoup d'’anciens amis et de professeurs pendant le tournage, et même des gens de ma famille qui sont venus. Le premier jour était assez étrange. Nous avons tourné de nuit sur la place de la mairie. A 23 heures, beaucoup de gens regardaient, mais à minuit il n’'y avait plus personne. Le désert complet : plus de gens, plus de voitures. C'’était très bizarre d’'être de retour chez soi et d’'avoir toute la ville comme un immense décor vide.»

 

LA THEORIE DU POP-CORN :

LE STYLE ET LA STRUCTURE DE HOT FUZZ

Évitant la structure classique en trois parties utilisée dans la plupart des films d'’action, Edgar Wright et Simon Pegg ont organisé HOT FUZZ en deux parties. La première se concentre sur l’'inactivité ambiante et montre un Nicholas Angel forcé de s’'occuper de cygnes disparus, de kermesses et d’'un village dans lequel rien ne semble jamais arriver. Seuls quelques décès étranges viennent bousculer la routine et éveiller des soupçons chez Angel. Dans la seconde partie, Angel prend les armes face aux problèmes et le film bascule dans une série de bagarres, poursuites en voiture, explosions et fusillades «à la John Woo.»

Edgar Wright explique : «Nous ne voulions pas passer trop vite de la petite bourgade idyllique au déferlement d'’action. Le ton du film change progressivement. L'’histoire est principalement centrée sur le développement de la relation entre Angel et Butterman. Le gros tournant dramatique arrive en fait avant que les choses ne s’'accélèrent. Danny Butterman montre POINT BREAK EXTRÊME LIMITE de Kathryn Bigelow et BAD BOYS 2 de Michael Bay à Nicholas Angel. Comme il se fait tard, ils finissent par s'’endormir et le style très «Michael Bay» de ces films imprègne leur subconscient dans leur sommeil. Après ce passage, Nicholas Angel devient plus humain, plus en accord avec le cliché du héros dur à cuire et un peu dingue.»

Simon Pegg et Edgar Wright savaient que ce changement de ton prendrait le public par surprise. Pour expliquer cette transition de la traditionnelle enquête criminelle anglaise un peu vieillotte au film d'’action dans le plus pur style américain, le duo parle de «théorie du pop-corn.»

Simon Pegg explique en souriant : «C'’est la loi du producteur Jerry Bruckheimer ! La théorie du pop-corn, c'’est notre façon d’'excuser une mauvaise continuité dans un film ! Non, plus sérieusement, nous faisons toujours très attention à la logique d’une histoire : tout doit être vraisemblable. Mais avec cette théorie du pop-corn, nous avons pris en compte le fait que dans beaucoup de films d’'action, il faut accepter de prendre parfois quelque distance avec la réalité. Nous voulions que notre film s’ancre dans le monde réel tout en étant un film d'’action, alors nous avons intentionnellement fait parfois des choses assez invraisemblables. Par exemple, il y a des scènes où nous volons pendant dix secondes en tirant dans tous les sens. Ça donne un côté très jeu vidéo, et je peux vous dire qu’'Angel et Butterman vont devoir lutter pour arriver au bout et débusquer le Big Boss de toute cette affaire.»

Simon Pegg dit d’Edgar Wright : «C'’est une vraie machine, il n’'arrête jamais. Il ne cesse de me surprendre ! Je n’'avais jamais vu autant de matériel spécial sur un film. Nous avions une caméra sur un chariot et une autre sur un scooter Segway, comme Georges Oscar Bluth II dans la sitcom «Arrested Development.» Edgar essaye toujours de faire évoluer son style. Il a fait un travail incroyable «à la Brian De Palma» sur les flash-back : à chaque fois que vous revoyez une scène, vous découvrez quelque chose que vous n’'aviez pas remarqué la première fois.»

Brian De Palma n’'est pas le seul réalisateur à qui Edgar Wright rend hommage dans HOT FUZZ, on trouve aussi de nombreux clins d’'oeil à Tony Scott et Dario Argento dans tout le film. Edgar Wright raconte : «Je voulais m'’immerger dans cet univers que constituent tous mes films d'’action et films policiers préférés, je désirais qu’'on retrouve leur esprit dans ma façon de tourner, c’'est sans doute pour cela que cette petite histoire de village prend l’'allure d’un gros film «à la Michael Mann» !»

Les fusillades n’'ont pas été les seuls aspects du film à être traités comme dans une superproduction hollywoodienne. Edgar Wright raconte : «Quand nous avons demandé aux officiers de police quel était l’'aspect de leur travail qu’'on ne voyait jamais à l’écran, ils ont tous répondu «la paperasserie» ! Si vous allez dans un poste de police, vous verrez partout des officiers penchés sur des bureaux croulants de papiers. Dans notre film, on voit beaucoup de paperasserie, mais c'’est traité dans le style «MAN ON FIRE» ! L'’idée était de prendre des aspects particulièrement banals du métier de policier et de les rendre beaucoup plus excitants.»

 

HOT FUZZ, LE TITRE

À propos du titre du film, Simon Pegg confie : «C'’est un titre volontairement idiot ! («Fuzz», en langage très familier, signifie «les flics, les poulets»). C'’est Edgar qui en a eu l’'idée. Nous voulions que ça ressemble à ces films des années 70 qui avaient des titres dans le genre FUZZ (LES POULETS de Richard A. Colla) ou SUPERFUZZ, ou encore FREEBIE AND THE BEAN (LES ANGES GARDIENS de Richard Rush). HOT FUZZ, c’'est tout le contraire d’'un titre comme DES SERPENTS DANS L’'AVION de David R. Ellis, qui vous raconte déjà tout le film.»

Edgar Wright ajoute : «C'’est un hommage à tous ces films des années 80 et 90 qui avaient un titre en deux mots qui ne disait rien de l’'histoire ou de l’'esprit du film. DIE HARD, LETHAL WEAPON ou SUDDEN IMPACT sont des exemples célèbres. En allant plus loin, on peut même trouver des titres comme DOUBLE TEAM de Tsui Hark ou COLD HEAT de Ulli Lommel ! Je suis fier d'’ajouter HOT FUZZ à cette grande collection !»

 

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