LES FANTOMES DE GOYA (BANDE ANNONCE VOST 2005) avec Natalie Portman, Javier Bardem (GOYA'S GHOSTS)
LES FANTOMES DE GOYA (GOYA'S GHOSTS)
de Milos FORMAN (AMADEUS, HAIR, LARRY FLINT, RAGTIME, VALMONT, MAN ON THE MOON, VOL AU DESSUS D'UN NID DE COUCOU)
Scénario de Milos FORMAN et Jean-Claude CARRIERE
avec Natalie PORTMAN - Javier BARDEM - Randy QUAID - Michael LONSDALE - Stellan SKARSGARD

L'HISTOIRE :
A la fin du XVIIIe siècle, alors que le royaume d'Espagne subit les derniers sursauts de l'Inquisition et que les guerres napoléoniennes bouleversent l'Europe, le frère Lorenzo, impitoyable inquisiteur, s'en prend à Inès, la muse du peintre Francisco Goya. Abusivement accusée d'hérésie, Inès se retrouve emprisonnée. Pour Goya, c'est le début d'une période qui changera sa vie et son oeuvre à jamais...

NOTES DE PRODUCTION
Espagne,1792. À travers les yeux du grand peintre espagnol Francisco Goya, nous suivons le destin de plusieurs personnes alors que sécrit lune des plus spectaculaires pages de lHistoire, des dernières années de lInquisition espagnole à linvasion de lEspagne par les troupes napoléoniennes, jusquà lultime défaite des Français et la restauration de la monarchie espagnole par larmée de Wellington.

A LA CROISEE DES DESTINEES
Milos Forman a eu pour la première fois lidée de faire un film sur le grand peintre espagnol Francisco Goya et sur lInquisition il y a plus de cinquante ans, alors quil était encore étudiant en Tchécoslovaquie communiste. Il se souvient : «Tout a débuté pendant mes études de cinéma, lorsque jai lu un livre sur lInquisition espagnole et sur le cas dune personne injustement accusée dun crime. Jai trouvé que cela ferait un scénario formidable. Je voyais plus dun parallèle entre la société communiste qui était la nôtre et lInquisition espagnole, mais je savais bien entendu quil serait impossible de faire ce genre de film en Tchécoslovaquie, justement en raison de ces points communs. Jai donc oublié cette histoire... du moins à lépoque.» Mais les bonnes idées ne meurent pas. Trente ans plus tard, celle-ci a refait surface, à Madrid, où Milos Forman et le producteur Saul Zaentz se trouvaient pour la promotion dAMADEUS - leur seconde collaboration oscarisée, près de dix ans après VOL AU-DESSUS DUN NID DE COUCOU.
Saul Zaentz raconte : «Milos et moi nous trouvions de lautre côté de la rue face au musée du Prado, et il ma confié quil navait jamais vu lune des plus célèbres peintures de Jérôme Bosch, «le Jardin des délices», qui y est exposée. Le Prado renferme bien des trésors, dont la plus grande collection doeuvres de Goya, et nous en avons profité pour aller les voir. Nous les avions vues dans des livres, mais jamais encore en vrai. Ces peintures sont extraordinaires. Lune delles nous a particulièrement frappés. Elle représente un chien. Quand on en voit une reproduction sur le papier, on simagine que le tableau est sans doute grand comme un écran de cinéma, tant il est détaillé à lextrême. En fait, il ne mesure peut-être quun mètre et demi maximum, mais on est subjugué. Le chien est extraordinairement touchant, vivant, et cest une image qui ne vous quitte plus.»
Milos Forman a lui aussi été fasciné par le travail de Goya. «Jai été bouleversé par ses peintures, et je nai dès lors pas cessé de penser à lhomme qui les avait peintes. Je suis convaincu que Goya a été le premier peintre moderne. Et javais très envie de lui consacrer un film.»
Durant cette visite au Prado, Milos Forman a parlé à Saul Zaentz de ce quil avait lu à propos de lInquisition et de la fausse accusation, et il a évoqué lidée de faire un film qui parlerait à la fois de lInquisition et de Goya. Zaentz a été séduit. Il se souvient : «Lidée me plaisait, mais jai tout de suite dit à Milos quil serait nécessaire de trouver une histoire solide, en laquelle nous aurions tous deux confiance et qui nous passionnerait, pour que lon puisse aller de lavant.»
Milos Forman et Saul Zaentz ont commencé à développer une histoire, et Forman a souhaité confier lécriture du scénario à Jean-Claude Carrière, célèbre scénariste avec qui lui et Zaentz avaient déjà travaillé avec succès. Forman confie : «Jean-Claude est un peu mon frère spirituel». Les deux hommes se sont rencontrés en 1966 lors dun festival de cinéma à Sorrento, en Italie. À lépoque, Forman avait déjà réalisé plusieurs films dont LAS DE PIQUE et LES AMOURS DUNE BLONDE, et Carrière avait été le collaborateur du grand réalisateur espagnol Luis Buñuel sur le scénario du JOURNAL DUNE FEMME DE CHAMBRE et celui de Louis Malle sur VIVA MARIA. Milos Forman et Jean-Claude Carrière sont restés amis après que Forman a quitté la Tchécoslovaquie, et ils sont restés en contact pendant les années suivantes, travaillant même ensemble sur TAKING OFF et VALMONT.
Jean-Claude Carrière se souvient : «Jétais intrigué par lidée, ou plutôt lébauche didée de Milos. Cétait plus un désir quune idée, lenvie de faire un film non pas réellement sur Goya, mais sur lEspagne à lépoque de Goya. Le peintre prenait naturellement sa place dans lhistoire parce que cétait à cette époque quil vivait - une époque pour le moins turbulente.»
Le scénariste poursuit : «La fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe est probablement lune des époques les plus importantes de lhistoire européenne en raison de la Révolution française et de lavènement de Napoléon. La France était le centre de lEurope, et il est intéressant de se pencher sur les conséquences de ce qui sy déroulait, sur la manière dont cela a affecté lEspagne, et particulièrement après linvasion du pays par Napoléon.
«À la fin du XVIIIe, lEspagne était probablement, malgré une certaine modernité, la nation la plus en retard de toute lEurope de lOuest. Cétait un pays catholique, conservateur, dirigé par une monarchie dont le roi appartenait à la même famille que le roi de France. Le travail des grands philosophes du XVIIIe, les Lumières navaient pratiquement aucune influence en Espagne. LInquisition était toujours active, capable dinfliger de terribles dommages à la population. Milos était fasciné par cette période historique et par lInquisition.»
Milos Forman explique : «Ce qui mattirait surtout dans cette période particulière, cest quavec tous ses paradoxes et ses changements, elle reflétait une évolution que javais moi-même vécue dans mon pays : une société démocratique, puis une société nazie, puis les communistes, puis à nouveau la démocratie, et encore les communistes, puis encore la démocratie. Les changements quavait connus la Tchécoslovaquie au XXe siècle étaient très similaires à la situation de lEspagne au début du XIXe. Le roi Charles représente la vieille garde, et soudain Napoléon envahit le pays et apporte le progrès, les idéaux et les valeurs de la Révolution française. Mais était-ce vraiment cela ? Cela me rappelait la manière dont les Soviétiques ont apporté «la liberté» à la Tchécoslovaquie. Au lieu dune vraie libération, Napoléon installe son frère sur le trône dEspagne, jusquà ce que les Britanniques, conduits par Wellington, envahissent le pays à leur tour, chassent les Français et restaurent la monarchie répressive espagnole. Une période vraiment très intéressante...»
Jean-Claude Carrière et Milos Forman étaient convaincus que Goya était le personnage idéal à travers lequel raconter lHistoire de ce temps. Il était né bien avant la Révolution française et mort bien après.
Milos Forman remarque : «Je ne pense pas que Goya se soit consciemment impliqué dans la politique. Cétait seulement un observateur hors du commun, un peu comme un journaliste. Il commentait, enregistrait ce dont il était témoin. Comme il le dit dans le film, «il peignait ce quil voyait».»
Jean-Claude Carrière commente : «Goya a peint les rois et les reines dEspagne, leurs enfants, des familles entières, et il était admis au palais royal, où il peignait aussi les gens de la Cour. Mais en même temps, il connaissait la vie des gens simples. Il marchait dans les rues, il fréquentait les tavernes et il dessinait des esquisses, des gravures, dont beaucoup, comme «Les Caprices et les Désastres de la guerre», sont devenues célèbres. Il a même réalisé un portrait de lun des Inquisiteurs, et aussi du frère de Napoléon monté sur le trône. Et il dessinait et peignait aussi des citoyens ordinaires, des soldats. Il connaissait et comprenait le coeur de chacun dentre eux.»
Forman, Zaentz et Carrière pensaient que ni une simple biographie de Goya, ni une description didactique de lInquisition ne correspondait à ce quils avaient envie de faire. Ils voulaient une approche neuve, et ont continué à peaufiner le projet, se plongeant dans les racines de lhistoire de lEspagne, lisant tout ce quils pouvaient trouver sur Goya et lInquisition.
Milos Forman et Jean-Claude Carrière, qui parlent espagnol et connaissent bien le pays, ont même passé plusieurs semaines à parcourir la campagne espagnole. Ils ont ensuite fait un deuxième voyage avec Saul Zaentz, pour approfondir leur connaissance et leur compréhension de ce pays et de sa culture.

DANS LA TOURMENTE DE L'HISTOIRE
En 2003, près de vingt ans après que Forman et Zaentz avaient discuté pour la première fois de leur idée au Prado, ils ont commencé à travailler sur le projet pour de bon. Milos Forman et Jean-Claude Carrière se sont retirés dans la maison du réalisateur dans le Connecticut afin de trouver la solitude et la rigueur nécessaires à lécriture. Travaillant dix heures par jour, ils ont écrit une première version du scénario.
«Nous pensions intéressant de placer ce personnage face à un autre homme qui serait une de ses connaissances, mais diamétralement opposé à lui en termes de tempérament et de philosophie, un homme intelligent qui se consacrerait à changer les choses et simpliquerait énormément dans les mouvements politiques de son temps. Cet homme, le frère Lorenzo, est devenu le personnage principal du film. Il est prêtre sous lInquisition, Inquisiteur lui-même, et change ensuite complètement de point de vue et devient un agent des Français.
Au début, le frère Lorenzo est un fanatique oeuvrant pour lInquisition. Il est convaincu que le déclin de lEspagne est dû au fait que lInquisition a perdu sa poigne. Il veut lui redonner toute sa puissance, sa force originale et son influence, ce qui est impossible. Seize ans plus tard, il est devenu un autre homme. Il a quitté son ordre et fui en France, pour revenir ensuite comme ministre dans le gouvernement de Bonaparte, adhérent convaincu des principes de la Révolution française. Bien sûr, au fond, cest évidemment le même homme et il ne peut échapper à son passé. Il pense quil doit aider à améliorer le monde. Mais les résultats sont désastreux.»
Le troisième personnage principal de lhistoire est une femme, Inès Bilbatua. Au début de lhistoire, elle est la muse adolescente de Goya, puis elle est confrontée au frère Lorenzo lorsque lInquisition laccuse dhérésie.
Jean-Claude Carrière explique : «Inès est une jeune Espagnole issue dune famille très en vue. Son père est un riche marchand, et les Bilbatua sont de bons chrétiens. Mais un soir, alors quelle est avec ses frères et ses amis dans une taverne, parce quelle refuse le plat de porc quon lui sert, elle est remarquée par les Familiares, qui espionnent pour le compte de lEglise, et suspectée de dissimuler des pratiques juives... Cest ce qui déclenche tous les événements du film : cette jeune femme innocente est appelée à comparaître devant lInquisition et questionnée. Cest le début de lenfer...»

(BANDE ANNONCE VOST 2005)
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