LE DEUXIEME SOUFFLE de Alain CORNEAU (INTERVIEW)
LE DEUXIEME SOUFFLE
de Alain CORNEAU (LE COUSIN - LE CHOIX DES ARMES - TOUS LES MATINS DU MONDE - LA MENACE - POLICE PYTHON 357 - SERIE NOIRE - FORT SAGANNE - STUPEUR ET TREMBLEMENTS - LE NOUVEAU MONDE...)
avec Daniel AUTEUIL - Monica BELLUCCHI - Michel BLANC - Jacques DUTRONC - Eric CANTONA - Gilbert MELKI - Daniel DUVAL - Nicolas DUVAUCHELLE - Philippe NAHON - Jacques BONNAFFE - Jean-Paul BONNAIRE

Grâce à lui, le coup est une réussite. Mais, victime d'une machination montée par la police, Gu passe pour un donneur et un traître aux yeux de ses complices. Pour laver son honneur, Gu prendra tous les risques...

INTERVIEW
Alain CORNEAU : Adaptation / Dialogues / Réalisateur
Quand avez-vous rencontré José Giovanni la première fois ?
Jétais premier assistant. Et il faisait un casting de techniciens. Je savais qui il était, javais lu ses livres car jétais déjà fan de polars. Cétait quelquun damical, avec un regard très aigu, un visage lunaire. Il savait ce quil voulait. Il vous adoptait ou pas. Il était franc, et modeste sur son métier. Il voulait renouveler son équipe, trouver des plus jeunes et il ma donné la liberté de former une bonne partie de léquipe. Cétait un très bon conteur de vraies histoires, il avait gardé cet esprit taulard et nous les racontait le soir après le tournage. Jai rencontré sa femme, Zazie. Notre amitié est née en cours de tournage. Il a y eu quelques scènes, des scènes de nuit, ou des intérieurs voiture, où il me disait : « Je ne sais pas très bien le mettre en place, quest-ce que tu penses ? ». Et cétait un cadeau merveilleux pour moi. On na pas fait dautres films ensemble, je suis devenu metteur en scène, mais on se voyait régulièrement, pour le plaisir.
Et « Le deuxième souffle » est rapidement devenu un sujet de conversation ?
Pas tout de suite, on a abordé le sujet quelques années plus tard. On a dabord souvent parlé du film de Melville, qui me fascinait. Lui refusait dadmettre que cétait un grand film, à cause de tous les soucis quil avait eu avec Melville. Il reprochait au film de manquer doxygène, dêtre dénué de sentiments, de ne pas faire passer lamitié quil y avait entre les gens. Cest vrai que, quand on connait José et quon voit « Le trou » de Becker, ou « Classe tous risques » de Sautet, on sent que ces films sont bien plus proches de José.
Après avoir réalisé « Police Python » et « La menace » je cherchais des idées autour dhistoires fortes, comme celle du
« Deuxième souffle ». Je nenvisageais pas du tout de le refaire, car pour moi cétait un univers davant, avec des postures morales qui étaient devenues académiques. A cette époque, on navait plus envie de filmer des truands à Pigalle. On voulait aller en banlieue. On voulait parler de ce tsunami social et littéraire, politique et esthétique qua apporté la drogue. Le milieu était totalement désorganisé. Les gangsters navaient plus de morale. Avec « Le choix des armes », jai eu lidée dun trait dunion entre ces deux générations. Montand, incarnait un gangster à lancienne, et Depardieu la nouvelle génération. Au départ, le film sappelait « Abel le Caïd et Mickey le dingue ».
Que pensait Giovanni de ces « nouveaux polars » ?
José étant de la génération davant, il se posait et nous posait, beaucoup de questions. Où sont les grands sentiments tragiques ? Comment sublimer tous ces personnages ? Grandir ces personnages, cela a fait son chemin dans ma tête. Je suis allé à la découverte des gens qui avaient réalisé ce cinéma là. Comme Grangier par exemple. Certains de ses films étaient très bons ! Il en pleurait quon puisse aimer ses films. Ça nous parlait beaucoup. Ce qui nous plaisait là dedans, cétait le retour à un réalisme apparent des années 50 et 60, son attachement à tous les métiers, et la figure de Gabin qui se promenait au milieu de tout ça. Il avait une approche modeste et vivace des codes. On a réellement, sérieusement, commencé à parler de refaire le « Deuxième souffle » dans les années 70-75 avec José, qui était plutôt partant. On en parlait deux fois par an, chaque fois quon se voyait. Un jour jai dit : « Allez, cette fois, je vais essayer ». Jai gambergé, de façon incohérente. Fallait-il actualiser lintrigue ? Jai essayé : cela partait en quenouilles
Mais si je faisais un film dépoque, je courrais le risque quil soit décoratif. Fallait-il le délocaliser ? Jai rencontré des producteurs américains, mais jai vite compris que cette histoire était enracinée dans notre culture.
Et puis vous avez arrêté de faire des polars
Il y a eu une véritable déshérence du genre qui est arrivée progressivement. La télévision nous a submergés de feuilletons policiers avec des personnages « audimatés » donc dénués de doutes, plaqués dans des histoires sans radiographie sociale, sans tragédie, sans éthique ni morale. Larrivée de la gauche au pouvoir na rien arrangé. Car du coup on perdait la charge politique qui nous motivait. Et les écrivains se sont mis à écrire des romans militants à clef politique, au détriment de la construction de lhistoire et des personnages et avec un humour au huitième degré, inadaptable. Le film noir a cessé dêtre un genre collectif. Un cinéma de genre a besoin de beaucoup de films pour évoluer. En France, dun seul coup, on a cessé den faire. Dans les années 70, on a raconté des polars du côté des flics, donc avec des personnages plongés dans une vision très quotidienne, naturaliste, documentaire, sans marginalité glorieuse
Cest à cette époque que vous réalisez « Le cousin »
Oui, parce que javais rencontré un ex-flic, Michel Alexandre, qui a co-écrit le scénario avec moi, qui mavait raconté la vraie vie des flics et leurs rapports avec leurs balances, qui étaient des « cousins », cest à dire des membres de la famille, quon chouchoutait. Le flic devenait parfois truand, et le dealer parfois agissait comme un flic. Cela ma paru intéressant à mettre en scène. Mais ce film a choqué José. « Cest un film amoral, vous êtes devenus fous ! Quest-ce que cest que ça, un polar où les gens nont pas de destin. Ce ne sont pas des héros, mais des raclures ! » . Ayant réalisé « Série noire » bien avant, je ne pouvais pas être tout à fait daccord avec lui, mais ses arguments touchaient quelque chose de profond en moi.
« Le deuxième souffle », au fil des années, se précisait dans ma tête. Il manquait la mise à feu, le déclic : ce fut la rencontre avec des producteurs qui avaient le même rêve que moi sans que je le sache, qui connaissaient José et en avaient parlé avec lui
Il y a eu ce dîner où Laurent et Michèle me disaient quil serait grand temps que je revienne au polar, et je leur expliquais tout ce que je viens de vous dire : la déshérence du genre, le manque de postures morales, de figures mythiques. Et je conclue en disant : « A part refaire « le deuxième souffle », je ne vois pas
Là-dessus, Laurent me tend la main : « Tope là ! Cela fait vingt ans que jen rêve
». Le lendemain matin, je my suis plongé.
En relisant le livre ?
Bien entendu. Parce que, le temps de sen parler, durant toute une soirée, toutes les conversations que javais eues avec José sur le sujet me sont revenues : garder lhistoire dans son époque, choisir Auteuil pour jouer Gu, raconter enfin lhistoire damour entre Gu et Manouche qui avait été escamotée dans le Melville, ainsi que la faille de Blot, donc, le retour au livre simposait pour se déployer autrement. Et en le relisant, il y a plus de deux ans maintenant, jai redécouvert lextrême richesse des personnages et de sa construction. Il faut dire que ce livre est bluffant. On ouvre sur une évasion, un mec meurt, on arrive chez Manouche, un tireur meurt et la mort de ce tireur va déterminer tout le reste : la mécanique tragique est déjà en marche.
Ensuite, José était obsédé par les balances. Et cest le personnage de Gu, un homme dune rigueur morale absolue, qui se fait piéger et va finir par donner un nom et des infos. Giovanni a mis le poison chez le plus pur de tous ses personnages. Cest difficile de dépasser ça. Il place Gu dans une situation inhumaine, qui va lemmener vers lexplosion finale. Et nous, on est avec lui, on sidentifie à lui. Gu est-il bon ou méchant ? La question ne se pose pas, puisquon est ailleurs, dans le tragique. Il faut des personnages très grands pour arriver à ce niveau là.
Pourquoi daprès vous Gu renonce-t-il à tuer Jo Ricci avant de quitter Paris ?
Ah, le fameux « Fonce, jy vais pas », que Gu dit à Alban... A la fois, je comprends ce qui se passe dans sa tête et je ne le comprends toujours pas. Il a senti les flics, comme me laffirme Zazie Giovanni, ou il a eu peur ? Je ne sais pas, donc jai mis les deux dans la bouche de Blot : linstinct, ou la trouille. Cest symbolique de ce Gu, dont on ne sait jamais sil va sen sortir ou pas, y aller ou pas, sil a trouvé son deuxième souffle ou pas. Lévasion de la prison et le train sont construits de la sorte : il va y arriver ou pas ? Devant chez Jo, il flanche. Mais après le casse, il redevient le Gu davant
Et pourquoi se sert-il toujours du même colt ?
Cest un élément que José pose dans le roman, mais il ne lexplique pas. Est-ce quà lépoque du livre lanalyse balistique existait déjà à ce niveau là ? José dit que Gu est un homme perdu et il en reste là. Moi, je prends le parti de dire que cest intentionnel. Lhomme perdu assume.
José Giovanni voulait que Daniel Auteuil joue Gu
On avait parlé dAuteuil avec José. Melville à un moment donné avait voulu inverser la distribution et que Paul Meurisse joue Gu, ce qui avait rendu José fou
Lino Ventura et José étaient des amis très proches, mais José a toujours pensé que Lino était trop puissant pour incarner ce héros à bout de souffle. Et il me disait que Daniel Auteuil était plus proche de lhomme quil décrit dans le livre : « On me la montré, jai été déçu : on aurait dit un employé de banque. ». Daniel Auteuil a le gabarit nécessaire au rôle. Avec lâge et lexpérience, il est devenu plus mystérieux. Il a gagné en force, en charisme, mais il a gardé un regard très enfantin
Comment avez-vous choisi votre casting ?
Une fois le scénario écrit, on sest dit, avec mes producteurs, que pour parvenir à faire ce film, il nous faudrait des gros calibres, de pointures dacteurs. Alors, on a établit une liste et on sest dit quelle ferait office de juge de paix. Si trois acteurs sur cinq disaient non, on ferait une croix sur le projet. Il fallait un accord viscéral, profond, entre les acteurs et leurs rôles. De ce point de vue, les comédiens sont de bons lecteurs. Lépoque, les codes de lépoque et du milieu, soit ça leur parlait, soit pas du tout. Et bien ils ont tous les cinq eu un vrai désir de lire ce scénario vite et ils ont vite dit oui. On a envoyé le scénario en premier à Daniel, qui était enthousiaste et ma fait cadeau de ces coups de fil comme on les aime, lacteur qui vous réveille à sept heures du matin en vous disant : « Je ne peux pas attendre pour te dire que jadore
». A ce moment là, presque tout le travail est fait. Quand des acteurs réagissent comme ça et ils ont tous les cinq réagis comme ça, cest quils ont déjà le rôle dans la main. Cest quelque chose de viscéral. Cest bon signe.
Sur le plateau, vous faisiez la mise en place avant dappeler les comédiens
Cest la première fois de ma carrière que jai organisé les choses ainsi et jignore encore pourquoi. Mais cela donnait un vrai confort aux acteurs, cela les rassurait. Leur présence ne faisait que bonifier la mise en place. Donc, on a fait peu de répétitions et peu de prises. De toute façon, dans un film de genre, on sait tout de suite que la prise est bonne. Il faut être modeste par rapport au genre, sinon on tombe dans lesthétisme. Et il faut aussi se souvenir que le genre passe après lhistoire, qui en loccurrence est incroyablement solide. Et comme javais un casting vraiment juste, les choses étaient vite évidentes. On fait une prise pour se chauffer et la deuxième est souvent la bonne. On en fait trois ou quatre sil y a eu un truc raté, un problème technique, un mot quon na pas bien compris
Clint Eastwood est à lécole de la première prise. Moi, je dirais que cela dépend des films. Parfois la direction a besoin dêtre plus incertaine. Mais, sur ce plateau, multiplier les prises, cela aurait épuisé les acteurs pour rien. De toute façon, dès la mise en place, on voyait bien quand la caméra navait pas sa bonne place. Cétait un tournage intense, mais pas fatiguant. Je nai pas ressenti ce creux quon éprouve à la troisième semaine de tournage, je nétais pas fatigué les dernières semaines. On était dedans, on sentait quon tenait quelque chose, on était très concentré et les acteurs carburaient tous.
Chaque cadre est intéressant, mais sans jamais être « frimeur »
Parce que chaque cadre est au service de laction. Jai veillé à ce que les cadres soient à la fois justes et inattendus. Je nai pas cherché à décorer lhistoire, mais à la raconter le mieux possible. Ce film raconte une tragédie, il y avait donc une liturgie à trouver. Javais deux gardes fous. Le premier : fuir le naturalisme, sortir de la réalité, en créer une qui nappartienne quau film. Le second : ne jamais devenir solennel, ni théâtral. Cest un mélange excitant, qui débouche sur le lyrisme et on le sent tout de suite sur le plateau. Il fallait créer le temps et la réalité du film. On est au début des années soixante, on voulait fuir les couleurs typiques du genre, c'est-à-dire le noir et blanc ou le bleu acier froid. En préparation, je répétais à léquipe : « Oubliez votre bon goût, fuyez les camaïeux de gris et de beige ! ».
Il y a quelques scènes daction que vous avez filmées au ralenti
Je pensais, à lécriture, que seul la mort de Gu serait au ralenti. A la préparation, on a évolué là-dessus. Jai intoxiqué léquipe de cinéma asiatique. Il nous a appris à chorégraphier la mort et la violence. La mort de Gu, on la filmé à cent vingt images/ seconde, ce qui est beaucoup. Le ralenti, cest quelque chose dorganique, de viscéral. Le résultat est certes esthétisant. Mais cest devenu un mode visuel narratif comme un autre. Vous savez le culte que je porte à Sam Peckinpah
Il a porté le montage des ralentis à un point dexcellence. Il était incroyablement virtuose dans ces mosaïques très modernes.
Pour ce film, vous avez travaillé avec des acteurs nouveaux dans votre troupe
Il fallait une troupe à la mesure de ce film. Personnellement, javais une longue histoire de ratage avec Daniel. Mais on a bien fait dattendre
Daniel est tellement mobilisé, précis, concentré, cest un cadeau perpétuel. Avec ce film, il a franchi un cap. Il dit quaprès Ugolin, Gu est une nouvelle étape dans sa carrière. On sent, même si chaque film est important, quand on franchit une marche.
Sur ce film, jai retrouvé Michel Blanc qui, au fil des années, na fait que senrichir. Comme Daniel Auteuil, Michel est un grand acteur de comédie qui joue totalement la situation. Il fait rire parce quil est désespéré. Donc, forcément cest un grand acteur dans la tragédie aussi. Il est très grand.
Avec Jacques Dutronc, cest une grande histoire damour. On sest tout de suite plu, dès notre première rencontre en Corse. On était dans le jardin. Jai posé le scénario devant lui et je lui ai dit : « Tu nas pas besoin de lire, le vent tourne les pages pour toi ». Ajoutez à cela le fait quil ait eu une Bentley dans sa jeunesse
Jacques est un vrai dandy. Il veut toujours avoir lair de rien faire, mais il bosse, il est hyper concentré, il sait son texte au cordeau et il négocie les phrases de dialogue comme un musicien, avec une finesse, une précision, une émotion
Il compose un Orloff magnifique.
Monica, cela aurait été compliqué de pas lavoir. Cest elle qui a eu lidée dêtre blonde et elle avait raison, tant sur lépoque que sur le personnage. Jétais ravi quelle ait eu cette idée, parce que cela me montrait quelle était déjà dedans, dans le film et dans le rôle. Monica a la capacité très rare dexprimer ses sentiments en toute liberté. Elle sait faire surgir dun coup le peu ou le trop-plein démotions. Elle apporte une élégance, une simplicité, elle est lumineuse et plus que belle. La blondeur la rend encore plus charnelle, pulpeuse et mythologique. La blondeur renvoie aux codes, comme la cigarette, les robes ajustées
.
Comment avez-vous pensé à Cantona ?
Alban, cétait le plus compliqué à trouver
Alban sort de son village corse. Cest un enfant, une tombe, il est dune dévotion sincère et totale. Il ne faut pas le jouer en faisant des efforts pour rentrer dans sa peau. Cest difficile davoir ce côté dune seule pièce. Un matin, jai pensé à Eric et aussitôt, cela ma paru évident. Après avoir lu le scénario, il ma répondu une phrase quAlban aurait pu dire : « Je pense que jaimerais défendre ce personnage ». Eric, il sort des pages du livre. Alban, cest lui. Eric appartient au monde de José. Ils se seraient reniflés comme étant des frères. Il est un grand comédien, il a la modestie, le doute des grands.
Gilbert Melki était réticent sur le rôle parce quil trouvait quil navait pas beaucoup de scènes à défendre. Je lai persuadé, et heureusement, car plus il est salaud, plus il est drôle. Entre Gu et Jo, il mest apparu au montage que Gu cristallise sa fureur sur Jo, comme sil était le symbole de tout ce qui ne va plus sur terre. Tout ça, cest la faute de Jo
Cest le jeu de Melki qui a imposé ça.
Nicolas Duvauchelle incarne celui en qui Gu se reconnaît. Nicolas incarne le genre de personnage autour duquel jai tourné dans mes films précédents. Cest un type daujourdhui, il est pour Auteuil ce quétait Depardieu pour Montand. « Les motards, cest nous et personne dautre ». Ils sont amis dans le mal absolu. Il y a entre eux un lien très fort qui va se retourner à la fin. Le fils voudra tuer le père. Antoine en sembarquant avec Jo devient lennemi direct de Gu. Jai accentué cela par rapport au livre. Gu sait quen tuant Antoine, il se tue lui-même, ce crime marque sa fin, il tue son fils et avec lui sa dernière chance.
Cest aussi la première fois que vous collaborez avec Bruno Coulais
Javais très envie de le rencontrer, notamment à cause des « Rivières pourpres », de ses talents symphoniques, de ses polyphonies corses. On sest découvert un amour commun pour Howard Shore
Je savais que sur ce film il me faudrait un compositeur unique, aux commandes de tout le film. Il a compris très vite le style du film. Dès sa première maquette, tout était là : lunivers en suspension, purement tragique, dramatique, une musique jamais synchrone avec limage dans le sens direct du terme, qui donnerait aux images loxygène nécessaire. Jai pu faire tout le montage avec ses maquettes. Même sil fait très bien des compositions légères comme « Les choristes », il a un univers tragique en lui, sans désespoir, avec toujours un sentiment dhumanité.
Que pensez-vous du film ?
Je suis incapable dêtre spectateur dun film que je fais
Au montage jai eu des bonnes surprises sur des intentions très formalisées de tournage, jai vu en les montant quelles fonctionnaient et surtout, jai été admiratif de la continuité narrative des acteurs dans leur jeu. Daniel réussit des tours décrou où il est de plus en plus lui-même ou de moins en moins
Je serais très content quà travers ce film on rende enfin justice au talent de José. Les thèmes quon dit « Melvilliens » sont portés à cette incandescence par lui. Que ce soit « Le trou », « Classe tous risques » ou « Le deuxième souffle » réalisés par trois metteurs en scène très différents, lunivers est homogène, il vient de ses livres.
Ce titre « le deuxième souffle » prend tout son sens quand on connait la vie de José Giovanni
Oui, car José a eu deux vies, la taule puis la rédemption. Et cette rédemption a pu exister à cause de son passé. Ce passé est devenu sa richesse
Et la nôtre aujourdhui.
AUTRE VERSION : LE DEUXIEME SOUFFLE de JEAN-PIERRE MELVILLE (1966) avec Lino VENTURA, Paul MEURISSE - Raymond PELLEGRIN - Michel CONSTANTIN...

LE 24 OCTOBRE 2007 AU CINEMA